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Montée de l’extrême droite en Europe : panique au sein de la diaspora congolaise
La diaspora congolaise dans les pays de l’Union européenne (UE) se chiffre à plusieurs milliers de personnes. Les scores réalisés par les partis politiques de l’extrême droite à l’issue des récentes élections européennes créent une panique dans les rangs des Congolais vivant dans cette partie de l’Europe. En France particulièrement où le taux des émigrés congolais est le plus élevé ou égal à celui de la Belgique, le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen a réalisé des résultats inattendus. Face au revers des Républicains, Emmanuel Macron n’a pas trouvé mieux que de dissoudre l’Assemblée nationale.
Les élections législatives anticipées qui vont avoir lieu dans quelques jours risquent de provoquer un tsunami politique au pays de De Gaulle. Face à cette situation inédite, deux compatriotes se sont exprimés pour donner leurs avis sur la question. L’un est visiblement paniqué. Il craint fort que la victoire du RN entraîne une chasse aux émigrés, surtout africains pour justifier sa crainte. Il se fonde sur le discours nationaliste et extrêmiste de Marine Le Pen.
Il importe de rappeler que, pour des raisons difficiles à défendre, la présidente du RN, fille de Jean Marie Le Pen, fondateur du Front national, ancêtre du RN a toujours mis sur le dos des émigrés certains actes indélicats qui sont perpétrés dans l’Hexagone. Une fois majoritaire à l’Assemblée nationale française et s’il venait à occuper Matignon, le RN aurait toutes les chances de prendre des mesures en défaveur des Congolais et des émigrés dans l’ensemble.
Par contre, un autre membre de la diaspora congolaise est serein. Il trouve qu’économiquent parlant, la France et les autres pays de l’UE ne peuvent pas se passer des émigrés. Il en veut pour preuve le fait que la plupart des travailleurs qui prestent dans les hôpitaux, les homes des vieillards, les ménages, les bâtiments y compris les éboueurs se recrutent parmi les émigrés. Il est convaincu que l’extrême droite ne se permettra pas de susciter les convulsions dans la société française en prenant des mesures à haut risque.
À titre indicatif, il a cité le cas de l’Italie où la présidente du Conseil (Première ministre), après sa prise de fonctions, n’ a pas appliqué son discours nationaliste où les émigrés étaient considérés comme des parias. Au contraire, durant son mandat, elle a autorisé l’octroi des documents administratifs aux émigrés plus que ses prédécesseurs. Elle a été acculée par les hommes d’affaires de son pays qui lui ont fait comprendre l’importance de la main-d’œuvre bon marché que représente la diaspora africaine et asiatique. C’est ce qu ‘ils appellent pudiquement « visas utiles ».
Pour revenir aux élections européennes, outre la France on a aussi enregistré la montée des conservateurs et de l’extrême droite en Allemagne où les sociaux-démocrates du chancelier Olaf Scholz ont mordu la poussière. Il en est de même en Hollande.
Par rapport à ce qui se passe à l’UE, nos compatriotes doivent comprendre qu’on n’est pas mieux que chez soi. Même si leurs choix sont compréhensibles dans une certaine mesure, la meilleure position consiste à demeurer dans son pays pour y mener le vrai combat de la libération. Vivre chez soi même dans des conditions précaires est de loin mieux que demeurer dans un espace où certaines libertés fondamentales sont limitées et où la considération de son être est remise en cause.
Pour éviter cette humiliation à leurs compatriotes et freiner leur élan d’émigration, les autorités de la RDC sont invitées à traduire dans les faits leurs idées qu’elles véhiculent lorsqu’elles sollicitent les voix des électeurs. S’il faisait beau vivre dans son pays, la diaspora congolaise n’aurait pas atteint le chiffre actuel.
Muke MUKE