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Moïse Moni Della : " Kabila, l'amnésie comme stratégie "
Il ne s'agit plus d'un simple décalage de perception. Les récentes déclarations du président honoraire Joseph Kabila relèvent d'une véritable entreprise de réécriture de l'histoire.
À l'entendre, son régime aurait été exempt de prisonniers politiques. Une affirmation aussi grave qu'irréelle. Car les faits, eux, sont têtus. Et les victimes, bien vivantes. Je suis de celles-là.
JE TÉMOIGNE : CE QUE FUT LA RÉPRESSION
Le 19 septembre, pour avoir dit non à un troisième mandat anticonstitutionnel (troisième faux penalty), j'ai été arrêté, maltraité et torturé avec une brutalité inouïe par des éléments aux ordres du général Gabriel Amisi, dit " Tango Fort ", et du général Djadjidja.
Avec moi ce jour-là, plusieurs compatriotes ont également été arrêtés, notamment Joseph Kakonge, membre de mon parti CONADE et le journaliste Costa, de CCTV. Tous victimes de la même vague de répression aveugle.
S'ensuivra une descente dans l'enfer : transferts successifs, humiliations, menaces de mort.
De la 1ère zone militaire à Makala, en passant par Kokolo, Tshatshi, Ndolo et le parquet de la Gombe, j'ai traversé ce que j'appelle, sans exagération, neuf " couloirs de la mort ".
À la 1ère zone militaire, j'ai été interrogé par le capitaine Kambale. C'est en présence de ce dernier que le capitaine Botembe m'a déclaré, sans détour, qu'il n'avait pas de temps à perdre avec un interrogatoire et que je devais être conduit au poteau pour être exécuté.
Parmi mes compagnons d'infortune figuraient également un député de l'UDPS, Tshibala (à ne pas confondre avec Bruno Tshibala) et un garde du corps de l'ancien ministre Michel Bongongo, faussement accusé d'avoir détenu une arme de guerre prétendument à mon profit
Voilà la réalité que certains veulent aujourd'hui effacer.
Autour de nous, des innocents. Des militants. Des citoyens. Certains ont survécu. Beaucoup non. Faute de place dans les cachots, des manifestants ont été abattus à bout portant.
Leurs corps ont disparu, emportés vers des destinations inconnues.
Dans cette même journée du 19 septembre, neuf vaillants combattants de l'UDPS ont été ignoblement calcinés au siège du parti, dans une barbarie qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective.
Avec eux, c'est une part de notre conscience nationale que l'on a tenté de réduire en cendres. Nous exigeons que la justice soit faite pour les massacres du 19 et d'autres qui ont couté la vie de Rossy Tshimanga, Therese Kapangala et tant d'autres.
NI OUBLI, NI IMPUNITÉ
Ces crimes ne sont ni des rumeurs, ni des constructions politiques. Ils ont été documentés, portés devant la justice nationale et dénoncés devant la Cour pénale internationale.
La plainte a été déposée en bonne et due forme, alors que Joseph Kabila était encore au pouvoir, avec le concours de mes avocats : Maître Christian Nkoy et Maître Landry Pongo.
Cette démarche est intervenue bien avant l'accession à la magistrature suprême de Félix Tshisekedi.
Les faits sont établis, vérifiables et imprescriptibles. Dès lors, entendre aujourd'hui les anciens responsables se poser en défenseurs des droits humains relève d'un cynisme inacceptable.
LA PEUR COMME DISCOURS : L'EXEMPLE DU SOUDAN
Évoquer une prétendue " soudanisation " de la RDC n'est pas une analyse. C'est une diversion. Le Soudan a historiquement été marqué par une fracture profonde :
o au Nord, une population majoritairement composée d'Arabes musulmans
o au Sud, des populations noires, en grande partie chrétiennes et animistes
C'est cette opposition identitaire, religieuse et culturelle qui a nourri les conflits dans ce pays.
Rien de tel en République démocratique du Congo. Il n'existe pas, chez nous, de ligne de fracture opposant musulmans, chrétiens et animistes dans une logique de guerre.
Ce que vit la RDC est clair : une guerre d'agression et de prédation, aggravée par des failles de gouvernance.
LE VRAI DANGER : LA DISLOCATION
Le spectre réel n'est pas celui du Soudan. C'est celui de l'ancienne Yougoslavie.
Un pays qui, faute de responsabilité politique, s'est fragmenté en plusieurs États, sur fond de divisions ethniques, politiques et nationalistes.
C'est cette " yougoslavisation " qui guette la RDC si la vérité continue d'être ignorée.
L'URGENCE : DIRE LA VÉRITÉ, SAUVER LA NATION
Face à ce danger, il faut rassembler. Le Camp de la Nation (CANA) s'inscrit dans cette logique : préserver l'unité nationale dans la diversité.
UNE EXIGENCE : LA MÉMOIRE ET LA RESPONSABILITÉ
On ne construit pas une nation sur l'oubli. Encore moins sur le mensonge. L'histoire de la RDC appartient aux victimes, aux témoins et à ceux qui refusent l'effacement de la vérité.
L'amnésie politique n'est pas une faiblesse.
C'est une stratégie. Et face à cette stratégie, une seule réponse s'impose : la vérité.
UNE VÉRITÉ QUI DÉRANGE
Oui, il faut le dire sans détour : les prisons congolaises comptent aujourd'hui des prisonniers politiques. C'est une réalité. Mais reconnaître cette réalité ne saurait absoudre ceux qui, hier, ont systématisé la répression. À ce titre, Joseph Kabila est mal placé pour donner des leçons.
On ne peut pas dénoncer aujourd'hui ce que l'on a institutionnalisé hier.
La République démocratique du Congo doit écrire sa propre histoire - comme l'affirmait
Patrice Emery Lumumba. Mais cette histoire ne peut être écrite ni par des amnésiques, ni par ceux qui cherchent à travestir les faits.
Elle doit être portée par des femmes et des hommes de vérité.
Car une nation qui falsifie son passé compromet son avenir.
UNE EXCEPTION CONGOLAISE
Il est souvent dit que ce qui se passe ailleurs peut se reproduire au Congo. C'est vrai.
Mais l'inverse l'est tout autant : ce qui se passe au Congo ne se passe nulle part ailleurs.
La singularité congolaise impose donc lucidité, responsabilité et courage politique. Elle exige des dirigeants à la hauteur de son histoire, et non des narrateurs sélectifs.
Fait à Kinshasa, le 08 Avril 2026
Moïse Moni DELLA, Président de CONADE, Coordonnateur du Camp de la Nation, Vice-Ministre honoraire de la presse et de l'information, Co-fondateur de l'UDPS, Président de l'IDP (Ligue internationale pour la défense des prisonniers politiques
Ci-joint la liste non exhaustive des prisonniers et exilés politiques pendant le règne de Kabila.
Que Kabila cesse de travestir la vérité. Sous son règne, il y a bel et bien eu des prisonniers et des exilés politiques.
La liste qui suit en est la preuve irréfutable. Elle ne relève ni de la rumeur ni de rancœur ou de l'interprétation : elle est le reflet d'une réalité vécue par des femmes et des hommes dont le seul tort a été de s'opposer, de résister, de persister ou simplement de penser autrement.
À cela s'ajoutent des massacres à grande échelle, dont je suis témoin oculaire, auriculaire, et un rescapé. Ces crimes ont endeuillé plusieurs familles sans jamais faire l'objet de vérité ni de justice à la hauteur des faits.
Je ne parle pas comme quelqu'un qui s'est basé sur les rumeurs, je parle en témoin. J'ai été de ceux que ce système a voulu taire, par la prison et même par la disparition physique.
Cette liste non exhaustive n'est pas seulement une mémoire. Elle est une accusation. Et elle rappelle, avec force, que l'histoire ne peut être falsifiée sans être contestée.
La liste non exhaustive des prisonniers d'opinion sous le régime de Kabila
1. Jean Bertrand Ewanga (Arrestation : 2014)
2. Peter KAZADI (Arrestation : 2016, 2017)
3. JC Muyambo (Arrestation : 2015)
4. Patient Ligodi (Arrestation : 2016)
5. Stani BUJAKERA (Arrestation :2016, 2017)
6. Vano Kiboko (Arrestation : 2015, 2016, 2017)
7. Huit Mulongo (Arrestation :2016)
8. Ne mwanda Nsemi (Arrestation :2017)
9. Moise Moni DELLA (arrestation : 2013, 2014, 2015, 2016)
10. Norbert Luyeye (Arrestation :2016)
11. Eric KIKUNDA (Arrestation :2009)
12. Christopher Ngoyi (Arrestation :2015)
13. Sefu IDI (Arrestation :2016)
14. Diomi NDONGALA (Arrestation :2012)
15. Gekoko Mulumba (Arrestation :2017)
16. Firmin Yangambi (Arrestation :2009)
17. Eddy Kapend (Arrestation :2001)
18. Kutino Fernando (Arrestation :2006)
19. Elie KAPEND
20. Bruno Tshibala (Arrestation :2016)
21. Willy MISHIKI (Arrestation :2014)
22. Peter Tshiani (Arrestation :2016)
23. Nono Lutula (Arrestation :2016)
24. Mike Mukebayi (Arrestation :2013)
25. Leta Mangasa (Arrestation :2001)
26. TSHIBANGU Kalala (Arrestation :2015)
27. Gabriel Mokia (Arrestation :2017)
28. Emmanuel COLE
29. Franck Diongo (Arrestation :2016)
30. Geko Beya (Arrestation :2016)
31. Daniel Safu (Arrestation :2017)
32. Colonel Brino ISSA (Arrestation :2016)
33. Colonel Aaron NGWASHI (Arrestation :2016)
34. Capitaine Augustin KABAMBA (Arrestation :2016)
35. Capitaine NDOL (Arrestation :2016)
36. Yannick MUTEBA (Arrestation :2016)
37. Fred BAUMA (arrestation : 2015)
38. CARBONE BENI (2016, 2017, 2018)
39. YVES MAKWAMBALA
40. FLORIBERT ANZULUNI (arrestation : 2016, 2017)
41. Franck MWASHILA
La liste non exhaustive des exilés politiques du régime de KABILA
1. Moise KATUMBI
2. Olivier KAMITATU
3. Jacques MATANDA
4. Jean Pierre BEMBA
5. Don Pierrot SADIKI
6. Salomon Kalonda Della
7. KOKO NKONGOLO
8. KWEBE KIMPELE
9. OLENGA NKOY
10. Roger LUMBALA
11. Francis KALOMBO
12. Claude BUSHIRI
13. Boketshu wa Yambo
Fait à Kinshasa le, 08 Avril 2016
Moïse Moni DELLA
o Président de CONADE
o Coordonnateur du Camp de la Nation
o Vice-Ministre honoraire de la presse et de l'information
o Co-fondateur de l'UDPS
o Président de l'IDP (Ligue internationale pour la défense des prisonniers politiques