Dernière minute
Société
Les larmes d'une antilope n'attristent pas le tigre " ( ou les larmes d'une antilope ne font pas pitié au tigre) est la traduction française de " Pinzoli ya mboloko esalaka tigre mawa te !", sujet de notre chronique du jour
Cette phrase lingala à connotation proverbiale exprime l'…
Culture
Forum éco
Enjeux de l’heure
Les juridictions civiles, les juridictions militaires compétentes en matière de violences sexuelles et basées sur le genre ainsi que les offices des parquets de Kinshasa disposent désormais de…
Étranger
L’Autorité turque de gestion des catastrophes et des situations d’urgence (AFAD) indique que 109.332 tonnes d’aide humanitaire ont été acheminées vers les zones touchées par les attaques…
Nation
La deuxième phase du procès impliquant l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, connaît un nouveau tournant. La Cour de cassation a officiellement déclaré close l’instruction dans l’…
Mines et environnement en RDC : le Parlement met le Gouvernement face à l’épreuve des actes
Le ton est monté d’un cran à l’Assemblée nationale. À la faveur d’une question d’actualité incisive, le député national Eric Tshikuma Mwimbayi a contraint la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du climat à lever le voile sur l’efficacité réelle des mécanismes de protection environnementale dans le secteur minier congolais. Un exercice de redevabilité qui révèle à la fois des avancées tangibles… et des failles persistantes.
D’emblée, la ministre a reconnu l’existence d’un arsenal juridique et réglementaire destiné à prévenir les différentes formes de pollution liées aux activités minières. Des dispositifs jugés « fonctionnels », mais encore insuffisamment robustes face à l’ampleur des enjeux. Au cœur des défis : une coordination interministérielle encore perfectible et une articulation floue entre les structures impliquées, notamment entre les ministères des Mines et de l’Environnement.
Dans la foulée des orientations du Président de la République, une Commission nationale ad hoc a été mise en place. Déjà opérationnelle, cette structure est appelée à jouer un rôle de vigie, avec pour mission de garantir le respect strict des normes environnementales par les opérateurs miniers. Une initiative saluée, mais dont l’efficacité dépendra de sa capacité à imposer des contrôles rigoureux et à produire des résultats visibles sur le terrain.
Car c’est bien là que le bât blesse. Si des cas récents de violations des normes, assortis de sanctions et de mesures de réparation, ont été évoqués par la ministre, l’absence d’un rapport exhaustif sur les entreprises fautives laisse planer un doute sur l’ampleur réelle du phénomène. Promis « dans un souci de redevabilité », ce document est désormais attendu comme un test de transparence pour l’exécutif.
Au-delà du diagnostic, le député Tshikuma insiste sur l’urgence d’un durcissement des mesures de contrainte à l’encontre des pollueurs, mais aussi sur la nécessité de clarifier les responsabilités institutionnelles afin de mettre fin aux chevauchements qui affaiblissent l’action publique. Pour lui, l’heure n’est plus aux intentions, mais à la démonstration par les actes.
« Derrière chaque pollution, il y a des villages, des familles, des enfants et tout un écosystème en danger », a-t-il martelé, rappelant la dimension humaine d’un enjeu trop souvent cantonné aux textes et aux discours. Une interpellation qui sonne comme un avertissement : le Parlement entend désormais suivre de près la traduction concrète des engagements gouvernementaux.
Dans un contexte où la pression sur les ressources minières ne cesse de s’intensifier, cette séquence parlementaire marque un tournant. Entre exigences de croissance économique et impératif de durabilité, le Gouvernement est sommé de prouver qu’il peut concilier exploitation des richesses et protection effective de l’environnement. Le rendez-vous est pris sur le terrain.
Jérémie ASOKO