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Mbudi : quand l'eau potable devient un luxe et la survie un combat quotidien
À Mbudi, quartier enclavé de la commune de Mont Ngafula, l'accès à l'eau potable relève désormais du parcours du combattant. Dans cette zone périphérique de la capitale, la rareté de l'eau transforme chaque journée en une épreuve pour des milliers d'habitants contraints de s'approvisionner là où ils peuvent : puits artisanaux, rivières à ciel ouvert, voire des sources insalubres aux conséquences sanitaires déplorables.
Dès les premières heures du matin, les ruelles sablonneuses se remplissent de bidons jaunes et bleus. Femmes, enfants et personnes âgées parcourent parfois plusieurs kilomètres pour quelques litres d'eau. "On se réveille avant le lever du soleil pour espérer trouver de l'eau claire. Sinon, on prend ce qu'on trouve, même si ce n'est pas propre ", témoigne Chantal, mère de cinq enfants, rencontrée près d'un point d'eau improvisé.
La frustration est palpable face à l'absence remarquée de la Regideso. " Nous payons des taxes comme tout le monde, mais l'eau qui en est la cause ne vient jamais jusqu'ici ", déplore Jonas, un jeune habitant du quartier. Pour beaucoup, le sentiment d'abandon est profond, renforcé par l'urbanisation rapide de la zone sans infrastructures adaptées.
Les conséquences sanitaires inquiètent également les familles. " Nos enfants tombent souvent malades. On ne sait pas toujours si c'est l'eau, mais on n'a pas d'autre choix ", explique un père de famille, visiblement inquiet. Dans plusieurs ménages, l'eau est rationnée pour la cuisine, la lessive et l'hygiène, transformant chaque goutte en ressource précieuse.
" L'EAU N'EST PAS PROPRE PARCE QUE L'ENVIRONNEMENT EST NEGLIGE "
À cette crise structurelle s'ajoute une faible sensibilisation environnementale et une gestion insuffisante des déchets, qui polluent les rares sources naturelles disponibles. " Même quand on trouve de l'eau, elle n'est pas toujours propre parce que l'environnement est négligé ", souligne une habitante engagée dans une petite initiative communautaire de salubrité.
Malgré les difficultés, la solidarité reste un pilier de la survie locale. " Quand une famille trouve une bonne source, elle partage avec les voisins ", raconte un jeune du quartier. Des groupes de résidents tentent aussi d'organiser des tours de collecte et des actions de nettoyage, preuve d'une résilience remarquable face à la pénurie.
L'image qui accompagne cette réalité quotidienne illustre une lutte silencieuse mais persistante : à Mbudi, chaque goutte d'eau se gagne au prix d'efforts considérables. Elle rappelle surtout l'urgence d'actions concrètes et durables : extension du réseau public, investissements dans les infrastructures hydrauliques et programmes de sensibilisation environnementale afin de redonner à l'eau son statut de droit fondamental.
Dans une capitale en pleine mutation, la situation de Mbudi interpelle directement les autorités et les partenaires techniques. Car dans sa quête d'eau, c'est toute une communauté qui se bat pour préserver sa dignité, sa santé et son avenir. Jérémie ASOKO