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Martin Fayulu appelle à rejoindre le C64 pour « défendre l’ordre constitutionnel » et accuse Tshisekedi de « complot » contre la RDC
Martin Fayulu hausse le ton. Invité du Space X animé par le journaliste Stanis Bujakera, le leader de l’opposition a lancé un appel solennel à la mobilisation nationale, exhortant les Congolais à rejoindre la coalition “C64” afin de, selon ses mots, « défendre l’ordre constitutionnel et barrer la route à Félix Tshisekedi et ses amis ».
Dans une intervention offensive, le président de Lamuka a présenté la bataille autour d’une éventuelle révision constitutionnelle comme un enjeu de survie nationale. À ses yeux, le débat dépasse largement le cadre institutionnel : il engage l’intégrité territoriale même de la République démocratique du Congo.
“CE QUE FÉLIX FAIT, C’EST LE COMPLOT QUI EST EN TRAIN DE SE VOIR AU GRAND JOUR”
Face à son auditoire, le “soldat du peuple” Martin Fayulu a livré l’une de ses charges les plus virulentes contre le pouvoir en place. Il a accusé le président Félix Tshisekedi d’être au cœur d’un “complot” visant, selon lui, à fragiliser l’unité du pays. “Ce que Félix fait, c’est le complot qui est en train de se voir au grand jour”, a-t-il déclaré, avant d’aller plus loin en affirmant que le chef de l’État se serait entendu avec le président rwandais dans un projet de « balkanisation » de la RDC.
Une accusation particulièrement lourde dans le contexte sécuritaire actuel, alors que l’Est du pays reste marqué par des affrontements avec l’AFC/M23, mouvement rebelle que Kinshasa accuse régulièrement d’être soutenu par Kigali. Pour Fayulu, il existe un lien direct entre les ambitions de révision constitutionnelle portées à Kinshasa et la persistance de la crise militaire à l’Est.
Dans un ton grave, presque testamentaire, l’opposant a appelé à une résistance qu’il veut transmettre d’une génération à l’autre. « Nous avons dit non à la balkanisation et nous n’accepterons pas. Cet héritage, nous devons le garder jusqu’au bout et le passer à nos enfants », a-t-il martelé, se présentant en défenseur de l’héritage national congolais.
“DIEU N'AIME PAS DES BÊTISES”
Mais l’intervention de Martin Fayulu ne s’est pas limitée au terrain politique. Elle s’est également déplacée sur le registre religieux, en réponse aux déclarations du pasteur Ejiba Yamapia, qui affirmait récemment que son soutien au changement de Constitution relevait d’un mandat divin.
La réplique du leader de Lamuka a été immédiate et sans détour. « Dieu n’aime pas des bêtises », a-t-il lancé, rejetant fermement l’idée que l’Éternel puisse inspirer un projet qu’il considère comme une manipulation politique de la Constitution.
Pour appuyer sa démonstration, M. Fayulu a convoqué l’histoire constitutionnelle du pays. Il a rappelé que l’article 217, invoqué par le pasteur parmi les arguments en faveur du changement, figurait déjà dans la Constitution de 1967, bien avant les accords politiques de 2002 souvent présentés comme le socle du texte actuel. Un rappel destiné à démonter, selon lui, un argumentaire politique travesti en justification spirituelle.
Le leader de l’opposition a également dénoncé ce qu’il décrit comme une instrumentalisation de la foi par certains responsables religieux proches du pouvoir. Tout en saluant le chanteur et pasteur , qu’il affirme avoir refusé de rallier le camp favorable à la révision, il a fustigé ceux qui « monnaient leur caution spirituelle ».
« Les pasteurs ne peuvent pas devenir des mendiants qui vont à la soupe populaire pour qu’on leur donne de l’argent », a-t-il dénoncé, dans l’un des passages les plus durs de son intervention.
Enfin, Martin Fayulu a retourné contre ses adversaires l’argument de la modernité, souvent invoqué pour justifier la nécessité d’adapter la Constitution aux réalités de 2026. Si le temps qui passe impose de modifier la Loi fondamentale, a-t-il interrogé avec ironie, pourquoi ne pas appliquer la même logique aux textes bibliques, dont certains remontent à plusieurs millénaires ?
Concluant son intervention sur une citation biblique, il a renvoyé ses contradicteurs à ce qu’il estime être leurs incohérences : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et Mammon ».
Par cette prise de parole, Martin Fayulu signe un nouveau durcissement de son discours contre le pouvoir. Entre dénonciation d’un projet de révision constitutionnelle, accusations de compromission avec Kigali et critique de l’implication religieuse dans le débat politique, le leader de Lamuka place davantage la question constitutionnelle au cœur du bras de fer politique qui s’annonce en RDC.
Jérémie ASOKO