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Manifestation contre la révision Constitutionnelle : Sesanga et Tokwaulu arrêtés et relâchés après la marche d’hier
À Kinshasa, la tension monte autour de la révision de la Constitution tant souhaitée par le président Félix-Antoine Tshisekedi. En effet, hier jeudi 14 novembre, les forces de l’ordre ont interpellé et dispersé brutalement des cadres de l’opposition, dont Delly Sesanga et Bernadette Tokwaulu Aena, alors qu’ils participaient à une manifestation contre ce projet. Cette mobilisation s’inscrit dans une série d’actions planifiées par des leaders politiques et de la société civile déterminés à contrer toute tentative de modification constitutionnelle.
Ados Ndombasi, ancien député et témoin de la scène, a rapporté que l’interpellation de Sesanga et Tokwaulu a eu lieu alors que la foule se dirigeait vers Bongolo. Les deux opposants ont ensuite été conduits au poste de police de la Funa, situé dans la commune de Kalamu. Avant d’être libérés quelques heures plus tard de la journée.
L’Envol, parti de Delly Sesanga, a vivement dénoncé l’arrestation violente de son leader. Selon Rodrigue Ramazani, secrétaire général du parti, l’interpellation de M. Sesanga par la Police nationale congolaise (PNC) révèle un durcissement de la répression politique sous le régime de Tshisekedi.
« L’interpellation brutale de Delly Sesanga révèle le caractère répressif du régime Tshisekedi, où toute opinion dissidente est considérée comme un crime. Ce pouvoir cherche à imposer une pensée unique, mais notre détermination à défendre la Constitution restera inébranlable« , a-t-il réagi dans une publication sur Twitter.
Une opposition qui s’organise
Le projet de révision constitutionnelle, visant à adapter la loi fondamentale « aux réalités du Congo« , est vigoureusement contesté par l’Opposition. Des leaders politiques et des activistes de la société civile, regroupés sous le mouvement « Sursaut Patriotique« , voient dans cette initiative une menace pour la démocratie congolaise. Parmi les principales figures de cette opposition figurent Delly Sesanga, ancien candidat à la présidentielle de décembre 2023, Ados Ndombasi, défenseur des droits humains et député national, ainsi que Fred Bauma et Bienvenu Matumo, tous deux activistes reconnus de la Lutte pour le Changement (Lucha).
Le « Sursaut Patriotique » a récemment lancé un appel à la mobilisation générale pour un rassemblement le 16 décembre 2024, date symbolique en souvenir du référendum constitutionnel de 2005. Cette initiative vise à réaffirmer le soutien populaire à la Constitution de 2006, qui, selon eux, a permis la réunification de la RDC et la normalisation du processus politique. Les organisateurs espèrent mobiliser la population pour défendre ce qu’ils considèrent comme le « pacte républicain« , garant de la stabilité et de la démocratie en République démocratique du Congo.
article 220, ligne rouge pour l’opposition
L’opposition accuse le président Tshisekedi et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de chercher à modifier l’article 220 de la Constitution, qui interdit toute révision du nombre et de la durée des mandats présidentiels. L’objectif, selon les opposants, serait de permettre au président en place de briguer un troisième mandat en 2028, alors que son mandat actuel devrait s’achever à cette date et qu’il n’a pas droit d’en briguer un troisième mandat.
Pour les leaders du « Sursaut Patriotique« , toucher à cet article fondamental constituerait une « forfaiture » inacceptable et un retour vers l’instabilité institutionnelle. Et sa révision constitue une ligne rouge à ne pas franchir.
Ils rappellent que l’article 64 de la Constitution de la IIIème République impose à tous les Congolais le devoir de résister contre tout individu cherchant à s’octroyer le pouvoir en violation de la Constitution.
un referendum couteux
La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a également pris position contre le projet de révision constitutionnelle. Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, a exprimé lundi 11 novembre, lors de son intervention aux états généraux de la justice, ses préoccupations sur les implications sociales et financières d’un référendum constitutionnel. Selon lui, les fonds publics seraient mieux utilisés pour améliorer les conditions de vie des Congolais, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la sécurité, plutôt que de financer une réforme constitutionnelle qui divise le pays.
« Ce serait irresponsable de mener un référendum coûteux alors que tant de Congolais manquent de services de base« , a-t-il prévenu, rappelant que la Constitution actuelle, bien appliquée, pourrait apporter stabilité et sécurité à la nation. Monseigneur Nshole a également mis en garde contre les risques de déstabilisation qui entrainerait une modification de la Constitution, soulignant que le « pacte républicain » incarné par la Loi fondamentale de 2006 est essentiel pour la paix et la démocratie en RDC.
UDPS favorable à une révision de la Constitution
De l’autre côté de la scène politique, l’UDPS, le parti au pouvoir, reste favorable à une révision constitutionnelle. Augustin Kabuya, secrétaire général de cette formation politique, a récemment qualifié la Constitution actuelle de « malédiction » et appelé la population à soutenir cette réforme pour s’adapter aux « réalités congolaises« . Il a affirmé que la majorité présidentielle est prête à défendre ce projet de révision, en réponse aux manifestations organisées par l’opposition.
Vers un affrontement politique ?
La révision constitutionnelle proposée par Félix Tshisekedi divise profondément la classe politique congolaise. Tandis que l’opposition et la société civile mobilisent pour contrer ce projet, l’UDPS prépare une campagne pour le défendre en toile de fond avec des manifestations à travers le pays. La RDC pourrait connaître une escalade des tensions politiques dans les prochaines semaines. Le pays s’achemine-t-il vers un affrontement politique? Des signes avant-coureurs semblent accréditer cette appréhension.
Christian-Timothée MAMPUYA