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Malade, émoluments de 3 mois bloqués, prise en charge suspendue…, La patrie sourde au cri de détresse du Pr Remy Musungayi
Ancien député honoraire de la première législature (2006-2011), ex-ministre de l'Industrie et des PME (2012-2014), auteur de la loi sur les Zones Économiques Spéciales, ancien Directeur de Cabinet du Sénat sortant et figure respectée du monde académique, le professeur Remy Musungayi Bampale est aujourd'hui un homme malade, affaibli, abandonné. Sa santé se dégrade de jour en jour, sous le regard impuissant ou indifférent des institutions qu'il a pourtant servies. L'Enseignant vit dans sa chair un drame social et humain.
Dans un récit touchant, le professeur Musungayi affirme que ses émoluments de trois mois, à savoir : mars, avril et mai n'ont jamais été payés, malgré leur caractère alimentaire et prioritaire en droit du travail. "Une créance alimentaire, c'est une créance privilégiée. On peut se passer de tout, sauf de cela ", rappelle-t-il. Pourtant, ces sommes, dues depuis des années, restent bloquées. Plus grave encore, l'homme évoque un accident de travail qui a marqué sa vie à jamais. Lors d'une tentative d'assassinat contre l'ancien président du Sénat, le professeur Bahati Lukwebo, Rémy Musungayi affirme s'être interposé, risquant sa propre vie. Il en est ressorti grièvement blessé, avec une barre de fer implantée dans la colonne vertébrale.
Une blessure lourde, reconnue, documentée, qui lui donne droit à une prise en charge médicale et à une prime prévue par la loi qu'il a lui-même contribué à écrire sur la sécurité sociale des parlementaires. Il a été soigné en Europe et en Afrique du Sud. Les documents existent, les preuves sont là. Pourtant, aujourd'hui, tout est bloqué. Sa prise en charge est suspendue, ses droits supprimés. " Ils attendent quoi ? Que la situation se dégrade davantage ? Que je meure pour venir déposer une couronne de fleurs ?", s'indigne-t-il, avec des trémolos dans la voix.
Au cœur de ce blocage, il pointe du doigt le Questeur Taupin Mukengeshayi, qu'il accuse de refuser d'exécuter les décisions du bureau du Sénat pourtant régulièrement signées par ses autorités : le président, la rapporteure générale et d'autres membres du bureau.
Dans son ouvrage célèbre, " Le Prince ", Machiavel nous a appris que " Le Prince se disqualifie dès l'instant qu'il viole ou n'applique pas les lois qu'il a édictées ou existantes. " Que dire de la non exécution de la lettre du président du Sénat donnant des instructions concernant le paiement des émoluments de 3 mois du Pr Remy Musungayi Bampale. Quelle image retenir du Sénat congolais où M. Taupin Mukengeshayi s'oppose à la légalité instituée par la Chambre haute du Parlement congolais ?
Cette gestion peu orthodoxe et arbitraire de l'administration frustre le professeur Remy Musungayi, convaincu qu'on veut le laisser mourir à petit feu. Son drame n'est pas seulement médical. Il est institutionnel, moral et politique. C'est l'histoire d'un homme qui a servi l'État, qui a écrit ses lois, qui a risqué sa vie pour ses institutions, et qui se retrouve aujourd'hui privé de ses droits les plus élémentaires.
En un mot comme en cent, le cri du professeur Rémy Musungayi Bampale est un appel à la justice, au respect de la loi, à la dignité humaine. Dans un pays qui se veut démocratique, rappelle-t-il, "la loi doit régner". Sans cela, la République avance à pas brisés, laissant derrière elle ses propres bâtisseurs. Une question demeure, lourde et douloureuse : faudra-t-il attendre le pire pour que l'État se souvienne enfin de ceux qui l'ont servi ?
FDA