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Lors de l’audience tenue à Makala le 08 mars : Stanis Bujakera plaide non coupable et dénonce l’absence de preuves contre lui
Le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa Gombe rendra son verdict dans l’affaire Stanys Bujakera d’ici le 20 mars prochain. Cette annonce a été faite à l’issue d’une audience, qui s’est tenue le vendredi 08 mars dernier au centre pénitentiaire de Makala.
Ce procès a été marqué par deux rebondissements majeurs. D’abord alors que le tribunal était en difficulté de désigner un expert capable de mener une enquête numérique quelques mois auparavant. À la surprise générale, un rapport réalisé par un expert assermenté fut présenté lors de l’audience. Selon les conclusions de l’expert, il est difficile d’établir avec certitude que Stanys Bujakera est le premier émetteur de la note de l’Agence Nationale des Renseignements qualifiée de « fausse » par les autorités, imputant la mort de l’ancien ministre Chérubin Okende aux renseignements militaires.
L’enquête numérique a révélé que Stanys Bujakera n’a partagé qu’un lien d’un article de Jeune Afrique sur son compte Twitter, ce qui a été favorablement accueilli par sa défense, affirmant l’absence de preuves contre leur client.
Les six chefs d’accusation retenus contre Stanys Bujakera, tels que la falsification de sceaux et de signatures de l’État, l’usage de faux en écriture, la propagation de faux bruits et la transmission d’un message erroné par voie électronique, ont ensuite été débattus lors de l’audience.
20 ANS DE PRISON REQUIS CONTRE BUJAKERA
Le ministère public a soutenu que l’accusation ne concernait plus l’article de Jeune Afrique sur l’assassinat de Chérubin Okende, mais plutôt la diffusion du document contesté sur les réseaux sociaux, notamment WhatsApp. L’analyse des métadonnées aurait permis d’identifier Stanys Bujakera comme étant le premier diffuseur de ce document, grâce à son numéro de téléphone et son adresse IP. Le procureur Serge Bashonga a demandé au tribunal de condamner Stanys Bujakera à 20 ans de servitude pénale principale, afin de dissuader d’autres journalistes de reproduire de tels actes.
Cependant, la défense a plaidé pour l’acquittement de leur client, arguant que le dossier d’accusation était vide de preuves matérielles. Ils ont souligné que l’absence de preuves dans une affaire pénale devrait conduire à l’acquittement du prévenu.
» En clôturant l’instruction, nous avons démontré l’impossibilité de constituer les infractions retenues contre notre client. Jusqu’à la clôture de débat, l’accusation a démontré des faiblesses pour produire une moindre preuve pouvant incriminer Stanis. Pas de preuve en matière pénale, ça amène au doute et le doute amène à l’acquittement du prévenu. Ce que nous souhaitons et attendons « , a déclaré Me Papy Niango.
LE MINISTÈRE PUBLIC N’A PU PRODUIRE LA MOINDRE PREUVE CONTRE MOI
Lors de son allocution devant le tribunal de grande instance de Kinshasa Gombe, le journaliste Stanis Bujakera a fermement plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés. Accusé de « falsification de documents » et « usage de faux » dans le cadre de l’affaire sur la mort du ministre Cherubin Okende, il a pointé du doigt l’absence de preuves matérielles contre lui présentées par le ministère public.
» Je m’attendais à ce que le ministère public apporte des preuves de ma culpabilité, mais malheureusement comme depuis le début de cette affaire, il n’a fait qu’user de son courage pour défendre ce qui ne devrait pas l’être « , a déclaré M. Bujakera. Il a affirmé que son arrestation était programmée bien avant et qu’il aurait pu fuir mais qu’il ne s’est pas enfui car il n’avait « rien à se reprocher «
Le journaliste s’est également réjoui que le rapport d’expertise judiciaire confirme qu’il n’avait relayé que l’article de Jeune Afrique, dont le contenu n’est pas incriminé. « Le ministère public n’a pu produire la moindre preuve contre moi « , a-t-il martelé. Ces déclarations tendent à renforcer la thèse de la défense, qui plaide l’absence de charges matérielles contre Stanis Bujakera.
Christian-Timothée MAMPUYA