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L'opinion s'interroge: où sont partis les huit bateaux de pêche commandés par le gouvernement?
Les poissons constituent une composante très importante dans la sécurité alimentaire. Après le lancement de la campagne agricole intervenu il y a quelques jours, la situation de huit bateaux commandés par le gouvernement par le biais du ministère de la Pêche et Elevage, revient à l'esprit de la plupart des Congolais.
Alors qu'ils étaient annoncés à Boma depuis près de 45 jours, aucune précision n'a plus été donnée sur leur destination. C'est surtout à Boma que la population ne cesse de se préoccuper sur le sort de ces navires. Certains sont allés jusqu'à se demander si lesdits bateaux étaient des fantômes ou une réalité. Pour d'autres, il s'est agi probablement d'une fausse alerte pour distraire tout simplement l'opinion. Quoiqu'il en soit, la réalité est là: aucun chalutier en provenance de la ville portuaire de Boma n'est perceptible sur l'un des ports de Kinshasa.
À ce propos, il importe de rappeler que depuis sa création, l'Office national de pêche et aquaculture n'a pas encore effectivement démarré par manque de bateaux. Le fait que les bateaux commandés pour cet office trainent encore à Boma constitue une perte énorme pour l'économie du pays. L'utilisation effective de ces unités flottantes constitue donc plus qu'une urgence.
Pour revenir à la campagne agricole proprement dite, soulignons que face à l'insécurité alimentaire qui frappe de plain-pied certains coins du pays, les attentes sont multiples, mais les défis sont nombreux à relever avant l'atteinte des résultats de cette activité qui a suscité un accompagnement médiatique de grande envergure.
Au nombre de ces défis figure en pole position la problématique des voies de desserte agricole. Les paysans peuvent bien être sensibilisés pour maximiser leur production, mais tant qu'ils seront butés à la question d'évacuation de leurs produits, il se posera la grande difficulté de l'approvisionnement des grands centres de consommation.
Un autre écueil concerne le manque des dépôts pour le stockage des produits périssables. Dans les milieux ruraux, le gouvernement a construit très peu de ce type d'infrastructure. C'est pourquoi, beaucoup d'agriculteurs ont perdu d'énormes quantités de produits en cas d'intempérie.
Concernant les intrants, reste à savoir si la quantité prévue pour les opérateurs agricoles disséminés à travers tout le territoire national est quantité suffisante. À ce propos, il importe de stigmatiser la situation quasi en faillite dans laquelle se trouve le Service national de fertilisants et intrants connexes (Senafic), une structure spécialisée du ministère de l'Agriculture. Depuis des années, ce service est pratiquement à l'arrêt, et ne fournit plus aucun intrant aux producteurs. Le gouvernement, par le biais du ministère de l'Agriculture, est appelé à ressusciter cet important service pour la redynamisation du secteur agricole congolais, et non seulement pour la campagne agricole.
Cette période constitue également un moment idéal pour relancer l'Institut national d'études et de recherches agronomiques (Inera). Telle a, d'ailleurs, été la demande faite par le chef de l'État au gouvernement lors du dernier conseil des ministres. Le rôle de cet établissement public dans l'amélioration du secteur agricole du pays n'est pas à démontrer. Sa réhabilitation vaut la peine.
Par ailleurs, il faut souligner que, pour la réussite de la campagne agricole, les populations doivent être bien sensibilisées pour qu'elles se l'approprient et apportent leur soutien tous azimuts.
Le volet pêche ne doit pas être relégué au second plan dans la campagne agricole étant donné que les ressources halieutiques sont importantes au pays et jouent un rôle de premier plan, à côté de l'agriculture, dans la lutte contre l'insécurité alimentaire en RDC.
Muke MUKE