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Les dirigeants africains mobilisent 500 millions USD pour lutter contre la maladie à virus Ebola
L’épidémie de la maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo frappe de plein fouet la RDC et l’Ouganda. Face à cette situation, les dirigeants africains se mobilisent pour endiguer cette maladie. La sonnette d’alarme vient d’être attirée par les dirigeants africains lors d’une réunion ministérielle virtuelle convoquée par Africa CDC et l’Union africaine (UA).Selon un communiqué d’Africa CDC, sans accélération immédiate de la riposte, le risque d’une transmission régionale élargie est réel.
Les participants ont validé un plan continental de préparation et de riposte évalué à au moins 319 millions de dollars américains pour la période juin-novembre 2026, couvrant les pays touchés et 11 États membres de l’UA jugés à haut risque. En outre, près de 500 millions de dollars américains ont par ailleurs été engagés ou promis par des Gouvernements, agences multilatérales et partenaires humanitaires.
«Lors d’une réunion ministérielle virtuelle de haut niveau organisée par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) et l’Union africaine, les dirigeants ont soutenu un plan continental de préparation et de réponse nécessitant au moins 319 millions de dollars américains entre juin et novembre 2026 pour renforcer le contrôle des épidémies dans les pays touchés et la préparation dans au moins 11 États membres de l’Union africaine à haut risque. Il a également été révélé que près de 500 millions de dollars américains avaient été engagés ou promis par des gouvernements, des agences multilatérales et des partenaires humanitaires», renseigne le communiqué.
Parmi les contributions annoncées : 5 millions de dollars américains de l’Afrique du Sud soit le double de son engagement initial 5 millions de la Fondation Gates à Africa CDC et 10 millions supplémentaires à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette dernière a de son côté déjà mobilisé 3,9 millions de dollars américains depuis son Fonds de réserve pour les urgences.
L’Afrique revendique la maîtrise de sa riposte
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, champion de l’UA pour la prévention et la réponse aux pandémies, a tenu à marquer une rupture symbolique. «Les pays africains ont déjà pris des engagements financiers domestiques initiaux représentant environ 10 % du financement requis. L’Afrique n’attend plus passivement que les autres agissent», a-t-il déclaré.
Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a prolongé ce message en pointant les déficits structurels que l’épidémie remet en lumière, surveillance, génomique, fabrication locale et en résumant la doctrine continentale en une formule : «Les problèmes africains requièrent un leadership africain et une responsabilité africaine».
UNE ÉPIDÉMIE JUGÉE TRÈS RAPIDE
Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a fait savoir que les autorités sanitaires «couraient après une épidémie très rapide» à la suite d’une détection tardive dans l’Est de la RDC, a-t-il dit, avant d’avertir que la situation allait «empirer avant de s’améliorer». Il a néanmoins conclu sur une note d’expérience: «Nous connaissons ce virus, et nous savons comment l’arrêter».
La riposte se heurte à des obstacles redoutables. L’insécurité persistante, les déplacements de population et la résistance communautaire entravent la surveillance et le traçage des contacts. Des attaques ont été signalées contre au moins un centre de traitement Ebola dans la partie orientale du pays. Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a appelé à un soutien durable pour les équipes de première ligne qui opèrent dans l’un des environnements les plus difficiles du continent.
Au stade actuel, l’on dénombre 900 cas suspects et au moins 220 décès dus à la maladie du virus Ebola. En Ituri, l’épicentre de l’épidémie d’Ebola au Congo, le climat oscille entre peur et déni, à mesure que la catastrophe sanitaire enfle et que les morts s’accumulent.
Le pays a déclaré le 15 mai une épidémie causée par le virus Bundibugyo, contre lequel il n’existe aujourd’hui ni vaccin, ni traitement spécifique, et qui présente un taux de létalité allant jusqu’à 50 %. L’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale.
Gloire BATOMENE