Dernière minute
Société
Un troisième incendie s’est déclaré dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre 2026 dans le quartier Biautu, commune de Beu, à Beni. Selon des témoignages recueillis sur place, le sinistre serait lié à un problème électrique. Les flammes ont notamment touché les installations de la Radio…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Le ministre de l'Emploi et du Travail, Ferdinand Massamba wa Massamba, annonce des sanctions sévères contre les employeurs qui violent la législation du travail et les droits des travailleurs…
Étranger
Le pape Léon XIV vient de mettre fin à la réduction des salaires des cardinaux et hauts responsables du Vatican, selon un décret pontifical publié le lundi 14 septembre 2026.
…
Nation
La mairie de Kananga, au Kasaï-Central, s'apprête à relancer la perception de la taxe de stationnement des motos dans la ville. La question a été au centre d'une réunion tenue le week-end dernier…
Le cacao congolais, un or brun aux atouts exceptionnels pour conquérir le marché mondial
Un cri du cœur d'expert vient rappeler le potentiel inestimable d'une filière d'excellence, celle du cacao, alors que le gouvernement congolais affiche sa volonté de relancer le secteur agricole. Selon un spécialiste en protection des consommateurs, la République démocratique du Congo dispose de tous les atouts pour faire de son or brun un produit phare du commerce international.
Dans un entretien avec notre rédaction, M. Patrick Musoko, expert en protection des consommateurs et président de l'Association des consommateurs des produits vivriers (Ascovi), s'est montré très optimiste.
" Le secteur agricole, principalement la culture du cacao, a vraiment de l'avenir. Dans le commerce international actuel, ce produit est au top de la cotation économique ", a-t-il affirmé.
Mais au-delà de la conjoncture mondiale favorable, c'est la qualité intrinsèque du cacao congolais qui le distingue. M. Musoko a détaillé les atouts favorables qui plaident pour sa commercialisation à grande échelle.
Il a d'abord évoqué la richesse des sols, une température clémente et un climat propice dans les zones de production. Surtout, il a mis en avant l'argument massue : " La teneur du cacao congolais est supérieure au reste du monde. Nous pouvons noter plus de 80% de la teneur ", a souligné l'expert.
Ce taux, bien plus élevé que la moyenne, est un gage de qualité très recherché par les chocolatiers et l'industrie agro-alimentaire. L'expert a également tenu à élargir le spectre des débouchés, rappelant que le cacao n'est pas qu'une gourmandise. Il intervient de manière significative dans la fabrication de plusieurs médicaments pharmaceutiques, ajoutant ainsi une corde à l'arc de sa valeur ajoutée.
D'après M. Musoko, le développement de cette filière est un puissant levier de progrès social et économique. Il permettrait la création massive d'emplois dans les zones rurales, l'amélioration des conditions de vie des agriculteurs et de leurs familles, ainsi qu'une contribution majeure à la croissance économique du pays.
LES DEFIS A RELEVER POUR UNE INDUSTRIALISATION REUSSIE
Cependant, l'expert n'a pas occulté les obstacles structurels qui freinent l'envol de la filière. Son inquiétude principale réside dans l'absence de financements visibles pour les acteurs économiques du secteur et le manque d'infrastructures de qualité. " Nous ne possédons pas encore les moyens d'industrialiser le cacao à une échelle plus large ", a-t-il déploré.
Pour que la RDC passe du statut de producteur de matière première à celui de véritable acteur industriel, M. Musoko a adressé une série de recommandations au gouvernement.
Il a d'abord plaidé pour le soutien à l'administration agricole en améliorant les conditions de travail des agents de l'Anapac (Agence nationale des produits agricoles du Congo, ex-Ozacaf), qui sont en première ligne pour l'encadrement et le contrôle.
Il a ensuite appelé à l'ouverture de nouveaux marchés en mettant en place une stratégie offensive pour faciliter la commercialisation à l'étranger et chercher de nouveaux partenaires commerciaux. Enfin, il a recommandé la modernisation de la gestion à travers l'adoption de nouvelles stratégies basées sur la gestion axée sur les résultats dans les domaines de la production, de la distribution et de la commercialisation.
En somme, la RDC possède un trésor dans ses champs. Reste désormais à mettre en place un écosystème capable de le transformer en une richesse durable et partagée.
Tricya MUSANSI