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Kwango : plus de 171.000 nouveaux déplacés enregistrés en deux mois, alerte Ocha
La situation humanitaire continue de se dégrader dans la province du Kwango, au sud-ouest de la République démocratique du Congo, où les violences armées de la milice Mobondo ont provoqué de nouveaux déplacements massifs de population.
Selon un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha), publié le 10 novembre 2025, plus de 171 049 personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers entre août et septembre dans les secteurs de Bukanga-Lonzo, Dinga et Lufuna.
Les populations déplacées vivent actuellement dans des conditions extrêmement difficiles. Les églises, les écoles et certaines habitations privées servent d’abris de fortune, mais ces sites manquent cruellement d’eau potable, de nourriture, de soins médicaux et d’installations sanitaires adéquates.
«171.049 nouvelles personnes ont été identifiées comme déplacées internes. Ces mouvements massifs résultent de l’intensification des violences armées dans plusieurs localités des secteurs de Bukanga-Lonzo, Dinga et Lufuna», a déclaré Symphorien Kwengo, vice-président du Cadre de concertation de la société civile du Kwango.
Un appel à intervenir d’urgence
L’activiste des droits humains s’est dit préoccupé par l’absence quasi totale d’assistance humanitaire depuis le début de la crise.
Il appelle les autorités nationales, les agences onusiennes et les organisations non gouvernementales à intervenir d’urgence pour éviter une catastrophe humanitaire imminente.
«Ces déplacés ont besoin en priorité de logements décents, de vivres, d’eau potable, de soins de santé de qualité et de l’accès à l’éducation pour leurs enfants», a plaidé M. Kwengo.
Il exhorte, par ailleurs, le gouvernement central à organiser une mission humanitaire d’évaluation rapide afin d’apporter une réponse concrète aux besoins de ces milliers de familles, particulièrement à l’approche des fêtes de fin d’année, période souvent critique pour les populations vulnérables.
Depuis l’émergence de la milice Mobondo en 2023 dans le Grand Bandundu, la région est confrontée à une insécurité persistante marquée par des affrontements récurrents, des exactions contre les civils et des destructions d’infrastructures.
Malgré les appels répétés de la société civile et des acteurs humanitaires, la réponse reste encore limitée face à l’ampleur des besoins.
Selon Ocha, la crise du Kwango illustre la fragilité persistante de certaines zones rurales de la RDC, où les populations continuent de payer le lourd tribut des conflits armés internes.
Pascal NDUYIRI