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Kulunas, violences verbales, ces menaces à la sécurité électorale
A l’approche des élections combinées du 20 décembre prochain, la tension s’intensifie dans les camps de principaux candidats à la présidentielle en République démocratique du Congo. A la lumière de la couverture de la campagne électorale, les principales tendances se dévoilent au regard du sprint amorcé dans les quatre coins du pays par les leaders politiques en vue. Loin d’être pacifique, la campagne électorale est de plus en plus émaillée des scènes de violences physiques, amplifiées par des propos frisant l’incitation à la haine qui menacent de nuire à l’harmonie entre des communautés.
Depuis le lancement de la campagne électorale le 19 novembre dernier, les internautes agrippés aux réseaux sociaux, à Kinshasa, dans les provinces tout comme à l’étranger, sont régulièrement gavés de vidéos, audios et textes distillant des propos des animateurs politiques qui tiennent à éclabousser leurs adversaires, tâchant de leur rappeler leurs passés obscurs.
Loin de se cantonner aux candidats à la magistrature suprême, à la députation nationale ou provinciale, voire aux municipales, la campagne de dénigrement s’étend aux formations politiques et, pire, aux communautés d’origines des postulants aux postes à pourvoir. C’est dans ce contexte que des auteurs anonymes, voilés ou opérant à visage découvert profèrent, à longueur de journée, des menaces aux candidats du camp antagoniste et à leurs partisans qui se préparent à battre campagne dans des zones autres que leurs fiefs.
Violences verbales
Les menaces sont vivement brandies au point de promettre »des corrections » ou des violences physiques directes sur ces candidats et »leurs acolytes » qui les auraient ignorés pendant leur gestion du pouvoir ou qui tenteraient de conquérir leur électorat pendant la campagne.
Outre les réseaux sociaux, les discours de haine à l’endroit des adversaires politiques sont transposés dans les médias traditionnels (radios, télévisions, presse écrite…), particulièrement ceux qui organisent des émissions de débats publics. Les violences verbales, les injures… s’invitent sur le plateau où des animateurs profanes, censés joués aux modérateurs, se muent carrément en commentateurs, et même en spectateurs, laissant distiller des écarts de langage.
La guerre des Kulunas
Une fois sur le terrain, pendant la campagne, les caravanes motorisées, meetings ou descentes dans les quartiers des électeurs dégénèrent en batailles rangées entre militants. Le plus souvent, ce sont les gangs des rues, qui opèrent sous l’étiquette des »kulunas » (brigands qui perpètrent des attaques en recourant aux armes blanches, NDLR), dissimulés parmi les partisans ou opposants du candidat en campagne.
Le récent incident en date a été signalé le lundi 4 décembre à Kisenso où des affrontements entre écuries des Kulunas ont entrainé mort d’homme. Un élève en uniforme a été pris en tenaille dans la bagarre qui a opposé les jeunes du quartier »Bayanzi » et »Des risques’‘, les premiers s’opposant à voir les derniers passer sur leurs avenues pour aller soutenir le candidat.
Une semaine plus tôt, c’est au quartier Salongo, à Lemba, que des militants d’un autre candidat basé à Mbanza-Lemba ont été pris pour cibles au niveau du camp Bumba. A pied comme sur des véhicules en caravane, ces partisans en tee-shirts ont essuyé des jets de pierres et des coups de machettes au point où l’on a enregistré plusieurs blessés dans cette gué-guerre entre kulunas, repartis en gangs des »Américains » (Lemba) et des »Arabes » (Kisenso, Livulu, Mbanza-Lemba).
Face à ces détonateurs qui menacent d’embraser le pays en cette période électorale, il sied de prévenir les dérapages en renforçant aussi bien la sécurité des personnes et de leurs biens, et veiller au contenu distillé dans les médias et réseaux sociaux. YKM