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Kinshasa sous les eaux : 29 morts après des pluies diluviennes
* Les autorités déclenchent des mesures d'urgence.
La capitale congolaise a de nouveau été meurtrie par des intempéries. Dans la nuit de vendredi à samedi, de violentes pluies se sont abattues sur Kinshasa, causant la mort d'au moins 29 personnes et d'importants dégâts matériels, selon un bilan officiel communiqué par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba.
Face à ce drame, les autorités urbaines ont annoncé une série de mesures d'urgence. L'État prendra en charge les sinistrés et des interventions ont été déclenchées pour sécuriser les zones les plus touchées. Le gouverneur a également lancé un appel à la solidarité et invité les habitants des sites à risque à redoubler de vigilance, alors que d'autres épisodes pluvieux sont redoutés dans les jours à venir.
Effondrement des infrastructures
Les pluies torrentielles ont provoqué l'effondrement de plusieurs infrastructures. Sur l'avenue Victoire, un pont s'est affaissé, coupant la circulation. D'importants travaux de réhabilitation sont en cours sur l'avenue Okito à Binza-Pigeon, l'avenue du Tourisme et d'autres artères stratégiques de la ville. Les autorités assurent que les efforts se poursuivent pour rétablir le trafic et prévenir de nouveaux incidents.
Dans plusieurs communes, dont Matete, Limete et Kisenso, les eaux ont envahi des habitations, forçant des familles à évacuer. Au niveau du rond-point Kintambo Magasin, la rivière Lukunga est sortie de son lit, inondant les quartiers voisins.
"Saison sèche femelle"
Ces précipitations surviennent dans un contexte inhabituel. Le mois de juin, traditionnellement sec à Kinshasa, connaît depuis plusieurs semaines des épisodes pluvieux d'une rare intensité. La METTELSAT, l'agence nationale de météorologie, évoque un phénomène de "saison sèche femelle", caractérisé par des perturbations climatiques liées à un flux de vents humides venant du golfe de Guinée.
"Ce flux empêche l'anticyclone de Sainte-Hélène, normalement dominant en cette période, de stabiliser le climat", a expliqué Augustin Tagisabo, chef de division au centre météorologique national. La pluie enregistrée samedi a atteint un niveau exceptionnel de 90 millimètres, un record qui dépasse même les précipitations de la dernière saison pluvieuse.
Pour la Division du centre météorologique national, "la date moyenne du début de la saison sèche était fixée au 25 mai 2025, avec une marge de 7 jours. La marge inférieure (tôt) se situant du 18 au 25 mai et la marge supérieure (tard) du 25 mai au 2 juin 2025".
Le prix de la fragilité de ses infrastructures
Dès le début du mois de mai, la METTELSAT avait pourtant alerté sur un possible retard de la saison sèche, prévue entre le 25 et le 28 mai. Ce phénomène climatique imprévisible rappelle celui d'avril dernier, où de violentes inondations avaient déjà coûté la vie à une trentaine de personnes.
La capitale congolaise, souvent confrontée à des inondations dévastatrices, paie une fois de plus le prix de la fragilité de ses infrastructures et de l'occupation anarchique de ses zones inondables.
Tenant compte des catastrophes régulièrement, la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars américains destinés aux projets de bonne gestion des déchets et des inondations à Kinshasa.
Jérémie ASOKO