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Kasaï-Central : les chefs coutumiers accusent les députés provinciaux de déstabiliser les institutions
À l’occasion de l’arrivée, lundi 13 avril, à Kananga, de la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, les chefs coutumiers du Kasaï Central ont exprimé de vives préoccupations quant à la situation sécuritaire et institutionnelle dans leur province.
Après avoir accueilli ce membre du gouvernement Suminwa à l’aéroport, puis s’être rendus au bâtiment administratif de Kananga, plusieurs autorités coutumières ont publiquement dénoncé ce qu’elles considèrent comme une implication directe de certains députés provinciaux dans la déstabilisation des institutions provinciales.
Selon ces chefs coutumiers, des élus provinciaux seraient à la base de tensions persistantes, non seulement au sein des institutions politiques, mais également dans les entités coutumières. Ils accusent notamment certains députés d’encourager, voire d’alimenter, des conflits de succession et de pouvoir au sein des chefferies.
Des conflits coutumiers ayant causé des pertes en vies humaines
Ces déclarations surviennent alors que la vice-ministre Eugénie Tshiela Kamba a relayé la position du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, opposé à la multiplication des conflits de pouvoir dans les territoires. Elle a insisté sur la nécessité de restaurer l’autorité coutumière et de mettre fin aux rivalités internes qui, dans plusieurs cas, dégénèrent en violences meurtrières. Dans certains territoires du Kasaï Central, ces conflits coutumiers ont déjà causé des pertes en vies humaines, des blessés ainsi que des destructions de biens, notamment des maisons incendiées.
Interrogés par la presse, certains chefs coutumiers ont affirmé que des députés provinciaux prennent contact avec eux pour influencer les équilibres traditionnels. Ces élus chercheraient, selon leurs propos, à provoquer des changements de leadership en soutenant des prétendants au pouvoir coutumier, dans le but de renforcer leurs propres intérêts politiques.
«Certains députés, que nous qualifions de mauvaise foi, nous approchent pour nous pousser à contester les autorités en place», a confié l’un des chefs coutumiers anonymisé.
Face à cette situation préoccupante, les autorités coutumières appellent à une implication accrue du gouvernement central afin de mettre fin à ces ingérences et de restaurer la stabilité dans la province.
Félix MULUMBA Kalemba