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Kasaï-Central : La société civile alerte sur la spoliation des biens publics à Kananga
La question de la gestion du patrimoine immobilier public refait surface au Kasaï-Central. Le coordonnateur de la Société civile du peuple dans la province, Emmanuel Iza Kabukapu, a récemment saisi la ministre nationale des Affaires foncières, O'Neige N'sele, afin d'attirer son attention sur des cas présumés de spoliation de biens appartenant à l'État dans la ville de Kananga, a-t-on appris dimanche 25 avril.
Au cœur de cette démarche figure un rapport de contrôle réalisé par des députés ayant effectué une mission d'enquête à Kananga. Selon Emmanuel Iza Kabukapu, ce document met en évidence plusieurs irrégularités dans la gestion des maisons et terrains publics, certains ayant été attribués à des particuliers en dehors des circuits légaux.
D'après lui, ces pratiques portent atteinte à l'intégrité du patrimoine de l'État et soulèvent des interrogations sur les mécanismes de contrôle et de suivi au niveau provincial. Il évoque notamment des cas où des biens destinés à un usage administratif ou collectif auraient changé de mains sans transparence.
UNE PROBLÉMATIQUE AUX CONSÉQUENCES MULTIPLES
La spoliation des biens publics n'est pas sans impact. Elle prive l'État de ressources stratégiques, complique la mise en œuvre de politiques publiques et alimente un sentiment d'injustice au sein de la population.
Dans une ville comme Kananga, en pleine expansion, la question foncière est particulièrement sensible. L'occupation irrégulière de terrains ou de bâtiments publics peut freiner des projets d'intérêt général, notamment dans les domaines de l'éducation, de la santé ou de l'administration.
Face à ces préoccupations, la ministre O'Neige N'sele a manifesté un intérêt particulier pour le dossier. Selon le coordonnateur de la société civile, elle aurait pris l'engagement d'initier une concertation avec ses collègues en charge de la Justice et de l'Habitat.
UN SIGNAL EN FAVEUR DE LA GOUVERNANCE
L'objectif est de mettre en place une approche coordonnée permettant d'identifier les responsabilités, de rétablir les droits de l'État et d'éviter la répétition de telles situations.
Pour Emmanuel Iza Kabukapu, cette démarche s'inscrit dans la vision prônée par le Président de la République, Félix Tshisekedi, axée sur la bonne gouvernance et la lutte contre les pratiques irrégulières dans la gestion des biens publics.
Il se dit confiant quant à l'issue du dossier, espérant que des mesures concrètes seront prises pour récupérer les biens concernés et sanctionner les éventuels responsables.
Au-delà des échanges institutionnels, la population attend désormais des actions visibles. La récupération des biens de l'État et la transparence dans leur gestion apparaissent comme des enjeux majeurs pour restaurer la confiance entre les citoyens et les autorités.
Ce dossier, désormais porté au niveau national, pourrait ainsi marquer un tournant dans la lutte contre la spoliation foncière au Kasaï-Central, à condition que les engagements annoncés se traduisent rapidement en actes.
Félix MULUMBA KALEMBA