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Kananga : le général Mike Kabeya se défend d'avoir exercé une agression physique sur le député Willy Wishiya
Une vive polémique oppose le député provincial Willy Wishiya Bakatushipa, élu sur la liste de l'UPDS dans la circonscription électorale de Kananga, au général Mike Magnat Kabeya, à la suite d'un incident survenu aux environs de 19 heures du mardi 25 août à proximité d'une boulangerie située près de la station Monalux.
Selon le député Willy Wishiya Bakatushipa, il venait acheter du pain lorsqu'il a garé son véhicule à proximité de plusieurs jeeps stationnées devant l'établissement. Il affirme avoir pris soin de laisser un passage permettant aux autres véhicules de sortir.
Alors qu'il descendait de son véhicule, le député dit avoir entendu des ordres provenant d'un véhicule stationné derrière le sien, sans savoir dans un premier temps qu'ils lui étaient destinés.
« C'est alors que j'ai vu que j'ai été bousculé par un policier », relate-t-il.
Willy Wishiya Bakatushipa affirme avoir fait remarquer au policier ce qu'il considérait comme un manque de politesse. Il indique qu'il a ensuite vu le commissaire provincial de la police descendre de son véhicule et venir vers lui.
Le député affirme avoir décliné son identité et rappelé sa qualité d'élu provincial. Selon son récit, l'échange s'est ensuite tendu. Il accuse des membres des forces de l'ordre de l'avoir tiré dans tous les sens par son polo, alors que plusieurs personnes se trouvaient sur les lieux.
LE GÉNÉRAL MIKE MAGNAT KABEYA REJETTE LA VERSION DU DÉPUTÉ
En réaction, le général Mike Magnat Kabeya conteste les accusations formulées par le député et défend l'intervention des policiers présents sur les lieux. Selon lui, la qualité d'élu ne donne pas le droit de violenter ou d'humilier un agent de l'État.
« Quand on est élu, on a le droit de violenter, de trahir un agent de loi, de son propre pays ? Vous qui êtes les faiseurs de loi, et voilà que vous le jouez en flagrant », déclare-t-il.
Le général affirme que les véhicules des policiers devaient pouvoir circuler et reproche au député d'avoir mal stationné son véhicule, empêchant selon lui le passage.
Il assure également qu'il ne laissera personne « marcher sur le policier qui ne t'a rien fait », tout en estimant que le député cherche à tirer un avantage médiatique de l'incident.
Mike Magnat Kabeya affirme par ailleurs que plusieurs personnes étaient présentes au moment des faits et que des témoins pourraient permettre d'établir précisément le déroulement de l'incident.
Il condamne également les propos qui ont été tenus à l'endroit du policier. Selon lui, l'agent concerné est lui aussi un citoyen, un père et un mari, et ne mérite pas d'être insulté dans l'exercice de ses fonctions.
Le général indique enfin que les responsabilités doivent être établies par les instances compétentes.
« Seules les instances d'investigation, les instances judiciaires, les instances pénales peuvent mener des enquêtes et rétablir des responsabilités de chacun d'entre nous », soutient-il.
Les deux versions restent ainsi opposées sur le déroulement exact de l'incident. Le député provincial dénonce une humiliation et un usage abusif de la force par des policiers, tandis que le général Mike Magnat Kabeya soutient que les forces de l'ordre intervenaient dans le cadre de leurs fonctions et reproche au député son comportement à leur égard.
Félix MULUMBA KALEMBA