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Kongo Central : les Luoziens se demandent où se construit leur bac
Où se construit le nouveau bac moteur de Luozi et de quel tonnage est-il ? Les habitants et les ressortissants de Luozi ne cessent de se poser mille et une questions au sujet de leur nouveau bac. La préoccupation sur la ville où se déroulent les travaux de construction de ce bac tant attendu par les habitants de Luozi, n'a jamais été aussi cruciale et d'actualité depuis les derniers développements du dossier de ce bac, notamment depuis la dernière sortie médiatique du président de l'Assemblée provinciale du Kongo Central, Papy Mantezolo, en pleine crise.
Si à ce jour le bac en panne est à moitié réparé après la remise en place de la pompe d'injection du moteur, le problème reste en entier, même s'il a repris ses traversées depuis le samedi 22 août. En effet, l'état de l'embarcation reste très inquiétant car la coque trouée sur plusieurs endroits, infiltrant de grandes quantités d'eau, doit être colmatée.
Ce qui relance le fameux dossier du nouveau bac dont les zones d'ombre qui entourent l'endroit ou la ville de sa construction ne fait qu'alimenter le débat et les suspicions sur l'effectivité des travaux de sa construction.
Tout part de la déclaration de Papy Mantezolo la veille de la marche pacifique organisée à Luozi par le Rafovil. Selon lui, le gouvernorat du Kongo Central avait passé la commande de deux bacs de 35 tonnes chacun au chantier de Chanic à Kinshasa pour une facture de 4,800 millions de dollars qui étaient déjà versés, après la signature du contrat avec Chanimétal en octobre 2025.
« L'évolution est positive et je déclare, sans peur d'être contredit, que les deux bacs seront livrés en février 2027, selon le cahier des charges que le constructeur avait signé avec le directeur général de l'Office des routes du Kongo Central », a rassuré le président de l'Assemblée provinciale du Kongo Central.
OÙ SE CONSTRUIT LE BAC : À KINSHASA OU EN BELGIQUE ?
À la question de savoir où ces bacs sont en train d'être construits, il a répondu que c'est en Belgique et que, faute de disposer du matériel capable de soulever de grandes charges, Chanimétal de Kinshasa a dû confier à sa filiale de la Belgique la construction de ces embarcations dans ses chantiers.
Selon lui, la fin des travaux est prévue en décembre 2026 pour être mises en pièces et acheminées en bateau pour Matadi avant d'atteindre le beach de Kimbemba par véhicule (rive gauche du fleuve) à Luozi. Papy Mantezolo faisait ces déclarations, appuyé par une vidéo montrant l'image d'une embarcation en pleine construction.
Déo Nkusu, ancien vice-gouverneur du Kongo Central, va emboucher la même trompette que Mantezolo, affirmant que lesdits bacs étaient en train d'être construits dans les installations de Chanimétal à Kinshasa. Ce qui a ravivé la colère des Luoziens, lui demandant de se taire, le dossier ne le concernant pas directement.
Déterminée à tirer cette situation au clair, la société civile de Luozi a annoncé se rendre dans la capitale entre le 27 et 28 septembre, question d'attendre la rentrée parlementaire. Car, a-t-elle dit, au cours de cette mission de contrôle, elle tient à se faire accompagner des élus et de la notabilité de Luozi (le député national Claude Bila, la sénatrice Ngudianza, le coordonnateur de la Notabilité Kongo, Dieudonné Bifumanu ainsi que la presse).
Et s'il s'avère que ces bacs se construisent en Belgique, le Rafovil a dit être prêt à arriver jusqu'en Belgique, quoi qu'il lui en coûte : « Trop c'est trop ! », a tapé du poing sur la table son coordonnateur Eugène Kanza.
Interrogé sur le même dossier, un des techniciens de l'Office des routes du Kongo Central a confirmé que ces bacs se construisent à Chanic à Kinshasa et qu'il faut attendre vers mai 2027 pour la livraison. Alors, qui croire : Papy Mantezolo ou le technicien ?
COMBIEN DE BACS ET DE QUELLE CAPACITÉ ?
Au-delà de l'existence ou non du ou des bacs, la polémique tourne aussi autour de sa capacité et du nombre. L'on s'interroge sur le nombre de bacs et de leur capacité. Est-ce un seul ou deux ? On parle tantôt d'un bac de 60 tonnes, tantôt de deux de 35 tonnes chacun.
La version de l'état du bac a été soutenue et reprise par plusieurs personnes que notre rédaction a contactées. C'est le cas d'Eugène Kanza, coordonnateur du Rassemblement des forces vives de Luozi (Rafovil), des deux conducteurs du bac, Masamba Edouard et Nkanga, ainsi que d'un technicien de l'Office des routes/Kongo Central ayant requis l'anonymat.
Pour les trois premiers cités, la réparation de la pompe d'injection aujourd'hui est loin de résoudre le problème dudit bac. La solution, bien que provisoire, passe par le colmatage de la coque trouée et qui comporte plusieurs infiltrations d'eau. Si bien que, une fois le travail terminé, témoignent les deux conducteurs du bac, la sentinelle s'emploie, toute la nuit, à évacuer l'eau du bac, pour éviter que le moteur ne soit immergé le lendemain.
Le bac est muni de deux motopompes qui évacuent inlassablement l'eau du bac, à l'aller et au retour, du parcours fluvial, long de quelque 7 km.
Joint au téléphone le mardi 25 août, le numéro un du Rafovil, Eugène Kanza a relayé le calvaire des conducteurs du bac. « Ils sont face à la mort et naviguent avec la mort. Ils avaient déjà écrit aux autorités à Matadi, à Kinshasa et l'Office des routes avant la survenue de la panne du bac, mais ils n'ont pas eu de suite », a témoigné Eugène Kanza.
Et d'enchérir : « Nous sommes en train de réfléchir sur une autre action d'envergure pour que notre voix soit entendue ».
Le technicien de l'Office des routes du Kongo Central a confirmé aussi le mauvais état de l'embarcation dont l'Office des routes/Kongo Central avait introduit l'état des besoins au gouvernorat depuis plus d'une année, mais sans suite favorable, sinon des promesses.
Le technicien a déclaré que le petit bac dit « bac de Mantezolo » consomme environ 53 litres de mazout par traversée, tandis que le grand bac, muni de deux moteurs révisés, en consomme plus ou moins 10 litres.
Ainsi, en attendant l'arrivée du (des) nouveau(x) bac(s), il propose, comme alternative, la réhabilitation du troisième bac immobilisé à Luozi, celui de Mpioka. En attendant, les Luoziens doivent prendre leur mal en patience… pendant 6 mois !
Kléber KUNGU