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Troisième mandat de Fatshi : la balle est dans le camp du peuple
Le Président de la République, Félix Tshisekedi, s'est exprimé sans langue de bois sur plusieurs sujets politiques majeurs, hier mercredi 6 mai 2026 lors d'une conférence de presse organisée en marge de la Journée internationale de la liberté de la presse.
Au cours de cet exercice, le Chef de l'Etat n'a pas éludé des sujets sur lesquels il était particulièrement attendu.
Ainsi, tout en réitérant son engagement prioritaire pour la stabilité du pays, le Président Tshisekedi ne se verrait pas refuser la possibilité d'un troisième mandat que lui offrirait son peuple.
"JE N'AI PAS SOLLICITÉ UN TROISIÈME MANDAT"
Le Président de la République a été très clair sur la polémique question de l'après son deuxième mandat.
" Je n'ai pas sollicité le troisième mandat, mais je vous le dis, si le peuple veut que j'aie un troisième mandat, j'accepterai ", a-t-il déclaré à haute et intelligible voix, insistant le retour de la stabilité et de la dignité de la République Démocratique du Congo.
Ce n'est pas tout. Le chef de l'État a également évoqué sa conception de la responsabilité présidentielle, dépassant selon lui, la durée d'un mandat.
" La responsabilité que les Congolais m'ont confiée n'est pas de m'arrêter à ce que je vais faire pendant le mandat, mais de préparer les générations à venir ", a-t-il expliqué.
Le Président de la République a fustigé les joutes oratoires stériles qui accompagnent souvent les périodes électorales. Pour Félix Tshisekedi, l'agitation partisane ne doit pas occulter la question de fond : le cadre juridique actuel de la République démocratique du Congo est-il toujours adapté aux défis du XXIe siècle ?
" En campagne électorale, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. C'est un peu ce qui se passe ici ", a-t-il ironisé, avant d'appeler à dépasser les slogans pour une réflexion rigoureuse sur l'efficacité des institutions de la République.
A l'occasion, Félix Tshisekedi a rappelé la différence fondamentale qu'il y a entre l'homme politique et l'homme d'État. Si le premier est hanté par sa réélection, le second est guidé par l'intérêt des générations futures. Il a réitéré son engagement à ne pas s'accrocher au pouvoir par la force.
Devant la presse, Fatshi a déclaré qu'il ne mettra pas de bâtons dans les roues son successeur, bien au contraire, il sera à l'entière disposition de ce dernier après son mandat.
" Je me mettrai à la disposition de mon successeur. Je n'irai pas prendre les armes contre lui. Je m'effacerai pour lui laisser tout l'honneur de la fonction, mais je resterai dans l'ombre, prêt à servir ", dit-il, rassurant de la sorte ceux qui voient dans toute réforme constitutionnelle une manœuvre pour un glissement éternel.
Félix Tshisekedi a profité de cette tribune pour défendre son bilan diplomatique et sécuritaire. Refusant de voir le pays comme un " verre à moitié vide ", il a souligné que la RDC est sortie du " trou noir " de l'isolement. La présence du pays au Conseil de sécurité de l'ONU est, à ses yeux, la preuve d'un retour en force sur la scène mondiale. Répondant aux critiques sur ses fréquents déplacements, il a martelé que " ce ne sont pas des voyages de villégiature, mais des voyages nécessaires. "
PAS DE CHANGEMENT SANS LE PEUPLE
L'annonce la plus attendue concernait le mécanisme de cette éventuelle réforme. Tout en se disant favorable à une analyse approfondie par des experts pour identifier les verrous constitutionnels qui freinent le développement, le Président a fixé une ligne rouge infranchissable sur le consentement populaire.
" S'il doit y avoir un changement de Constitution, cela ne se fera jamais sans consulter la population par référendum ", a-t-il affirmé.
Par cette phrase, Félix Tshisekedi renvoie la balle dans le camp du souverain primaire, s'assurant ainsi une légitimité que seule l'onction des urnes peut conférer.
PAS DE " BRADAGE " DE MINERAIS
Autre point important de cette conférence de presse, c'est la réponse du Président Félix Tshisekedi aux allégations de bradage des ressources naturelles du pays en contrepartie de garanties sécuritaires. Il a rappelé à l'assistance son opposition initiale au contrat chinois de 2008, signé sous Joseph Kabila, qui échangeait accès aux minerais (cuivre, cobalt) contre infrastructures chinoises.
Dans ses réponses il a mis en avant son bilan, la renégociation historique du contrat chinois et sa volonté de transformer localement les minerais.
Il s'est dit " offusqué " par le montage initial qu'il jugeait sans intérêt pour le pays, le Chef de l'État a rappelé avoir ordonné un audit dès son arrivée au pouvoir. " Nous étions détenteurs des ressources, mais minoritaires en termes d'intérêts obtenus. C'était inacceptable ", a-t-il déclaré.
Grâce à des discussions qualifiées d'élégantes avec les partenaires chinois, le président affirme avoir corrigé les déséquilibres majeurs du partenariat initial. Il s'est d'ailleurs appuyé sur le quitus d'organisations de la société civile réputées pour leur vigilance, telles que l'ODEP et la CENCO, pour valider la transparence de cette renégociation.

VISION INDUSTRIELLE
Pour Fatshi, l'époque où la RDC n'était qu'une terre d'extraction brute doit toucher à sa fin. L'objectif est désormais la transformation locale pour capter une plus grande part de la chaîne de valeur mondiale.
Le Chef de l'État a reconnu que le déficit en infrastructures énergétiques reste le principal frein, mais il mise sur de nouveaux projets pour permettre ce début de transformation. La stratégie vise prioritairement la création de richesses nationales et, surtout, la création d'emplois pour la jeunesse congolaise.
Félix Tshisekedi a balayé les soupçons de compromissions personnelles au détriment de l'intérêt général. " Je ne serai jamais le Président qui va brader les richesses nationales ", a-t-il martelé, jurant que les intérêts du peuple congolais resteront la boussole de chaque nouveau partenariat signé sous son mandat.
Alors que la pression sécuritaire reste forte à l'Est du pays, la sortie de Tshisekedi vise à rassurer l'opinion publique que la sécurité de la Nation ne se négociera pas au prix de son sous-sol.
FDA