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Traversée du fleuve Congo à Luozi : la solution, c’est le pont
Pour traverser le fleuve Congo au niveau de Luozi, les passagers sont obligés d’utiliser un bac moteur de l’Office des routes. Comme nous l’avons signalé dans l’une de nos précédentes parutions, ce bac a totalement vieilli et est objet de pannes successives. La dernière en date a préjudicié énormément les passagers et surtout les commerçants. Au lieu d’acheter carrément un nouveau moteur, l’Office des routes a choisi la facilité en réparant sa vieille baraque.
Interrogé sur cette question, un ingénieur attitré en la matière a laissé entendre qu’en plein 21ème siècle, l’utilisation d’un bac moteur, même s’il est neuf, est tout simplement anachronique. La modernité exige que de nos jours, il soit jeté des ponts pour de longues traversées comme le cas de Luozi.
Cette solution n’est pas impossible. Nous en avons pour preuve le pont Maréchal jeté sur le fleuve Congo à Matadi. Quoi que nous disions du régime dictatorial de la 2ème république, nous devons reconnaître qu’il a posé des actes immémoriaux tels que celui-là. Et si cette politique de ce genre des grands chantiers avait persisté, la RDC serait très avancée dans ce secteur d’infrastructures.
Comme d’aucuns le savent, le fleuve Congo traverse pratiquement tout le pays du Lualaba au Kongo Central en passant par le Maniema, la Tshopo, l’ex Équateur, et une partie de l’ex Bandundu. Certaines de grandes villes du pays sont divisées en deux par ce fleuve. C’est le cas notamment de Kindu et de Kisangani.
Outre le fleuve Congo, il existe de grandes rivières qui séparent certaines immenses agglomérations ou des provinces. Tel est le cas de la rivière Kasaï au niveau de la commune rurale d’Ilebo, où l’on utilise encore un vieux bac moteur pour aller de l’autre côté de Mapangu.
Avec une détermination tous azimuts, il est possible de jeter des ponts partout où cela est nécessaire. Tout est question de vision. Lorsque le défunt maréchal voulait faire de l’ex Zaïre un géant en Afrique, il a lancé de grands projets tels que la ligne du courant électrique Inga-Ex Shaba et le pont qui porte son nom à Matadi. Malheureusement, cette ambition de grandeur s’est estompée net avec l’usure du pouvoir.
Pendant la période de la révolution de la modernité, une telle approche de grands chantiers n’a pas été prise en compte.
Pour revenir à la situation de Luozi, la meilleure solution consiste à jeter un pont pour permettre la traversée à toute heure de la journée. De même à Kisangani, pour aller de la rive gauche à la rive droite, on peut jeter un pont au-dessus des chutes Lokele, au lieu de continuer à recourir à un bac qui date de longues années.
La RDC, nous ne cesserons jamais de le dire, est un vaste chantier qui exige de très gros moyens et surtout des dirigeants visionnaires pour le transformer de fond en comble afin qu’il joue effectivement son rôle de leader en Afrique. Ce n’est pas pour rien que Frantz Fanon a déclaré que l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve en RDC. Muke MUKE