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Sud-Kivu : MSF assure des soins aux communautés d’Uvira et Kamanyola
Médecins Sans Frontières (MSF) a déployé des équipes d’urgence pour fournir des soins vitaux aux communautés dans les villes d’Uvira et Kamanyola. L’accès à ces populations est limité car se trouvant des deux côtes de l’actuelle ligne de front qui est Katogota dans le Sud-Kivu. Cette ligne de front coupe en deux la route reliant les villes de Bukavu et d’Uvira.
Par ce soutien MSF vise à renforcer l’accès aux soins dans une région marquée par un système de santé affaibli, des épidémies récurrentes et une pénurie d’approvisionnements médicaux.
L’intensification des affrontements depuis le début de l’année en cours, dans la province du Nord-Kivu s’est étendue rapidement dans la province du Sud-Kivu.
«Nous avons tout perdu», confie Vianney, un villageois déplacé des collines avoisinantes de Kamanyola, dans la province du Sud-Kivu, «Nos champs sont envahis par des hommes armés et nous n’avons pas les moyens de payer les soins. J’ai peur pour la santé de mes enfants».
Depuis le début des affrontements dans la région, Uvira abrite plus de 250.000 personnes déplacées avec des besoins croissants en nourriture, en soins de santé et en assistance humanitaire.
«C’est dans ce contexte que nous avons intensifié notre réponse pour renforcer les capacités de prises en charge des blessures de guerre, de cas de choléra, et des victimes et survivantes de violences sexuelles», explique Dr Aurora Revuelta, responsable médicale MSF à Uvira.
Depuis février, MSF a traité, en collaboration avec le ministère de la Santé, près de 400 blessés de guerre et 800 cas de choléra dans trois centres de traitement spécifiques. L’organisation a également réhabilité plusieurs points d’eau potable, contribuant ainsi à la prévention des maladies à potentiel épidémique.
Un système de santé fragilisé
De l’autre côté de la ligne de front, la situation est tout aussi complexe dans la ville de Kamanyola, proche de Katogota. Cette localité, a également vu son système de santé fragilisé par la violence.
«Nous avons souffert dans les champs où nous étions déplacés», explique Jeannette, une villageoise de 28 ans. «J’ai perdu deux de mes enfants car nous ne pouvions pas accéder aux soins médicaux. Nous avons dû les enterrer comme des animaux, sans pouvoir leur donner une sépulture digne».
En réponse, MSF a lancé une intervention d’urgence à la mi-mars pour soutenir les besoins médicaux et les structures locales à Kamanyola. «Notre priorité était de soutenir l’hôpital général et les centres de santé environnants, qui manquaient d’intrants médicaux. Nous avons renforcé la gestion des blessés de guerre, fourni du matériel médical et mis en œuvre des activités d’assainissement pour prévenir la propagation des maladies», a fait savoir Dale Koninckx, coordinateur projet MSF sur place.
Absence d’acteurs humanitaires
L’insécurité persistante a rendu la route entre Bukavu, Kamanyola et Uvira quasiment infranchissable, rendant impossible la circulation des organisations humanitaires entre les deux côtés de la ligne de front. Pour surmonter cette situation, MSF s’est adapté en traversant différents pays pour acheminer l’aide et fournir des soins de chaque côté.
«La situation sanitaire était déjà précaire, mais aujourd’hui, elle est devenue encore plus critique», explique Olivier Pennec, chef des programmes MSF au Sud-Kivu. «L’absence d’acteurs humanitaires, combinée aux difficultés d’accès à la région qu’elles soient physiques, logistiques ou sécuritaire s’ajoute à la complexité».
Fyfy Solange TANGAMU