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Service National : un troisième atelier de menuiserie en pleine construction à Lubumbashi
Sur l'avenue général Muyumba, à "Kabula Meji", un quartier de Lubumbashi, un site de 23 hectares vibre au rythme régulier de marteaux et de tintamarres métalliques des scies. Là, sous un ciel alternatif, des jeunes congolais sculptent bien plus que du bois : ils taillent leur avenir, redonnent un sens à leur existence et insufflent un espoir nouveau au Grand Katanga.
Ici s'élève le troisième atelier de menuiserie du Service National, après ceux de Kaniama Kasese et de Kinshasa. Dans ce lieu autrefois perçu comme un camp d'enrôlement, pousse désormais un sanctuaire de reconstruction humaine. Jeunes désœuvrés, anciens enfants de rue ou délinquants resoialisés s'y transforment en artisans de leur propre dignité des bâtisseurs de la nation.
Parmi eux, Aristote Lodja, silhouette discrète, mains dures et regard franc. Issu de la toute première promotion formée à Kaniama Kasese, il fait aujourd'hui partie du bataillon construction affecté au Haut-Katanga. " J'ai traversé des moments sombres de ma vie. Je doutais de tenir. Mais aujourd'hui, je suis un bâtisseur, un vrai. Je crée, je sers, je me relève ", confie-t-il, le regard empli d'émotion.
À ses côtés, Jean-Pierre Piatto, maître menuisier respecté, incarne un autre visage du renouveau. Lui qui, autrefois, vivait en marge de la société, forge aujourd'hui son honneur à coups de ciseau et de rabot. " Ce que je fais aujourd'hui, c'est pour mes enfants. Pour qu'ils aient une autre image de moi. Le Service National m'a donné une seconde chance, et je l'ai saisie de deux mains ", dit-il avec une sincérité désarmante.
Chaque banc, chaque pupitre produit dans cet atelier n'est pas un meuble ordinaire. C'est une victoire silencieuse. Chaque latte sciée, chaque clou planté, chaque finition peaufinée raconte une histoire de relèvement, un combat intime, une conquête de soi.
" Au début, on disait que ces jeunes étaient perdus..."
Dans le quartier, les regards ont changé. L'admiration a remplacé la méfiance. Papa Justin Kazadi, figure locale bien connue, en témoigne avec un sursaut e satisfaction : " Au début, on disait que ces jeunes étaient perdus, qu'ils ne reviendraient jamais. Mais aujourd'hui, je les vois transformés. Ils sont polis, compétents, fiers. Ce sont des maçons, des menuisiers, des ajusteurs. Même si mes propres enfants n'y sont pas, je suis fier d'eux. Je remercie l'État pour ce programme. "
Car ici, le Service National ne se contente pas seulement d'encadrer. Il forme, il élève, il inculque une philosophie de travail et de citoyenneté active. Fidèle aux orientations du Chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi, cette structure publique mène avec rigueur ses missions, sous le commandement du lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, arcitecte discret de cette métamorphose sociale.
Déjà, une vaste opération de distribution de bancs-pupitres est annoncée dans les écoles et universités du Grand Katanga. Et derrière chaque meuble qui sera posé dans une salle de classe, cachera un symbole de la renaissance, une main, une histoire, une rédemption.
Car à Kabula Meji, on ne façonne pas que du bois. Mais aussi des vies.
Jérémie ASOKO