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Dialogue national : entre inclusivité et impératif sécuritaire, Fayulu défend Kabila et Nangaa
Depuis Paris, Martin Fayulu plaide pour un dialogue véritablement inclusif et réclame la participation de Joseph Kabila et de Corneille Nangaa aux prochaines assises nationales.
Pour le président de l'ECiDé, l'inclusivité du dialogue ne devrait exclure aucune des principales figures susceptibles, selon lui, de contribuer à la compréhension et à la résolution de la crise sécuritaire et politique que traverse la République démocratique du Congo.
En séjour en France, Martin Fayulu a notamment cité Joseph Kabila, ancien président de la République, et Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), aujourd'hui coordonnateur de l'AFC, mouvement rebelle allié au M23.
Cette prise de position intervient alors que les deux personnalités sont au cœur de condamnation judiciaire en RDC.
Joseph Kabila a été condamné par la justice militaire dans le contexte de l'affaire liée à l'AFC-M23, tandis que Corneille Nangaa a également été condamné dans le cadre de procédures portant notamment sur des crimes liés à la guerre.
FAYULU INVOQUE LE PRINCIPE D'UN DIALOGUE INCLUSIF
Pour Martin Fayulu, le caractère inclusif du dialogue devrait primer sur les divergences politiques. Il estime notamment que Joseph Kabila, qui a dirigé la RDC pendant 18 ans, dispose d'une connaissance importante de l'histoire politique et institutionnelle récente du pays et pourrait contribuer à identifier les causes profondes de la crise actuelle.
Dans cette logique, l'ancien candidat à la présidentielle défend l'idée d'une table de discussions suffisamment large pour réunir les différentes sensibilités politiques et les acteurs susceptibles d'apporter des éléments de compréhension ou des propositions de sortie de crise.
La participation de Corneille Nangaa est, elle aussi, défendue au nom de cette conception extensive de l'inclusivité. Une position qui ne manque pas de susciter des réactions, compte tenu du rôle que les autorités congolaises attribuent à l'AFC-M23 dans l'instabilité persistante dans l'Est du pays.
UNE PROPOSITION QUI DIVISE LA CLASSE POLITIQUE
Au sein de la C64, coalition d'opposition dont Martin Fayulu est l'une des figures, l'idée d'un dialogue réunissant l'ensemble des acteurs apparaît comme un élément central de la stratégie de sortie de crise.
Pour ses partisans, exclure certaines personnalités reviendrait à limiter la portée des discussions et à risquer de reproduire les mêmes blocages.
Du côté de la majorité au pouvoir et de l'Union sacrée, en revanche, cette approche ne fait pas l'unanimité.
Certains responsables considèrent que le dialogue ne devrait pas servir à légitimer des acteurs associés à la rébellion ou aux violences armées dans l'Est du pays.
Pour cette frange de la classe politique, les prochaines assises devraient plutôt constituer un cadre permettant de construire un front intercongolais face à l'agression et aux groupes armés, tout en distinguant clairement le dialogue politique national des acteurs engagés dans la lutte armée.
ENTRE INCLUSIVITÉ ET IMPÉRATIF SÉCURITAIRE
La proposition de Martin Fayulu replace ainsi au centre du débat une question particulièrement sensible : jusqu'où doit aller l'inclusivité d'un dialogue national en période de guerre ?
Pour ses défenseurs, aucune paix durable ne serait possible sans la participation des différentes forces ayant une influence sur la crise.
Pour ses détracteurs, certaines lignes rouges ne peuvent être franchies au nom de l'inclusivité, particulièrement lorsque des personnalités sont poursuivies ou condamnées pour des faits liés à la guerre.
À l'approche d'éventuelles discussions nationales, cette divergence pourrait devenir l'un des principaux points de confrontation entre le pouvoir, l'opposition et les différentes plateformes politiques. Au-delà de la question de la composition des assises, c'est donc la nature même du dialogue et son objectif. Entre règlement politique de la crise ou construction d'un front national contre l'agression, qui se trouve placé au cœur du débat ?
Les jours à venir pourront répondre à cette interrogation.
César IPOKA