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Quelles répercussions de l’escalade israélo-palestinienne sur l’Afrique?
Le conflit « aussi lourd, aussi intense, aussi tragique » entre la Palestine et Israël induit d’importants risques pour les pays nord-africains, analyse auprès de Sputnik Afrique Abdelhak Najib, politologue et écrivain marocain. Une issue pourrait être trouvée par « les grandes puissances », comme la Russie, la Chine, les États-Unis, selon lui.
Les pays qui vont être les plus touchés par l’escalade du conflit palestino-israélien seront d’abord les États limitrophes, comme le Liban, la Syrie, l’Égypte, ainsi que l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, a déclaré à Sputnik Afrique Abdelhak Najib, analyste politique et écrivain marocain.
« Tous ces pays de la région de l’Afrique du Nord ont des relations plus ou moins avec Israël. Je pense à l’Egypte, je pense au Maroc, il y a des relations économiques, il y a des partenariats. Toutes ces choses-là pèsent dans la balance quand il s’agit d’un conflit aussi lourd, aussi intense, aussi tragique« , développe-t-il.
Principe de « deux États séparés, souverains »
Pour Abdelhak Najib, une solution est possible, celle qui suit la voie prônée par l’Onu:
« Le problème à la source, il est clair: il faut que l’État d’Israël vive et il faut que l’État palestinien existe et vive aussi. On ne peut régler ce problème qu’en ayant deux États séparés, souverains, dont le respect de l’un et l’autre et dans le respect surtout du voisinage« .
Néanmoins, une issue pourrait être trouvée par « les grandes puissances« , comme les États-Unis, l’UE, la Russie et la Chine qui « doivent se mettre à table et décider une bonne fois pour toute de trouver une solution viable à ce conflit qui dure depuis plusieurs décennies« .
Menace d’une « guerre mondiale »
Ni Washington, ni Bruxelles, ni Pékin ne seraient prêts à ce qu’éclate « un conflit de cette intensité et surtout de cette ampleur dans la région« , soutient Abdelhak Najib.
« Si ce conflit venait à prendre d’autres proportions, je pense que ce sont les prémices d’une guerre mondiale« , alerte-t-il, surtout en prenant en compte le conflit actuel en Ukraine.
Position du Sahel à l’égard du conflit
Le Sahel, région à majorité musulmane, soutient la cause palestinienne « avec fermeté et avec vigueur« , estime M.Najib.
Alors qu’Israël frappe la bande de Gaza en représailles d’une attaque d’une ampleur inédite perpétrée par le Hamas dans le sud de l’État hébreu le 7 octobre, la position africaine est unanime: dans « toutes les déclarations des responsables des pays du Sahel et même en Afrique de l’Ouest, il y a véritablement une condamnation envers cette guerre, il y a une condamnation envers cette escalade« , selon l’expert.
« Il y a un appel presque unanime à un cessez-le-feu et pour qu’on puisse retourner à la table des négociations« , lance Abdelhak Najib.
Bilan en hausse
Les frappes israéliennes ont fait plus de 1.350 morts dans la bande de Gaza, selon le ministère de la santé local. Au moins 340.000 personnes sont déplacés, selon l’agence de l’Onu pour les réfugiés de Palestine.
Quant à Israël, le dernier bilan de l’attaque du Hamas fait état de plus de 1.200 morts et de près de 4.000 blessés, selon l’armée israélienne.