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Professeurs impliqués dans la fraude électorale : L’APUKIN demande aux « incriminés » de démissionner de leurs charges
Les effets collatéraux de la grave mesure d’invalidation de 82 candidats députés nationaux prise par la CENI commencent à provoquer des vagues. Les premières victimes sont les professeurs de l’université de Kinshasa qui ont postulé à la députation nationale. Dans une déclaration faite récemment, l’Association des professeurs de l’université de Kinshasa (APUKIN) appelle ces présumés fraudeurs à démissionner de leurs charges professorales, pour avoir souillé la réputation de l’intelligentsia congolaise, particulièrement de la plus grande alma mater du pays.
Il est vrai que les griefs portés contre les candidats députés sanctionnés sont de nature à jeter l’opprobre sur l’ensemble des hommes de science congolais, et plus encore sur ceux qui ont la lourde et délicate mission de former les jeunes, espoir de demain.
La devise de l’université est «scientia splendet et conscientia». Autrement dit, «l’université resplendit en science et en conscience». L’université est donc considérée comme le lieu par excellence de la promotion des valeurs éthiques. Cela ne doit pas se limiter uniquement dans les auditoires, mais se vivre dans la cité.
« Les profs doivent être des modèles »
En conséquence, où qu’ils se trouvent, les professeurs d’universités doivent être des modèles. Malheureusement, ce que la CENI vient de nous révéler jette l’anathème sur l’ensemble de ce corps.
La demande de l’APUKIN n’est pas contraignante, d’autant qu’elle n’est pas un ordre, mais une simple Asbl. C’est la seule conscience de ces profs candidats qui doit agir. S’ils ne se sentent pas gênés par leur conduite, ils n’agiront pas comme l’APUKIN le leur demande.
vivement des sanctions
En tout état de cause, les Congolais sont habitués aux turpitudes de certains de leurs profs d’universités. Lors de la Conférence nationale souveraine (CNS), l’un d’eux ne s’était nullement gêné de déclarer urbi et orbi que le peuple belge n’était pas souverain, parce qu’il voulait tout simplement défendre la Conférence constitutionnelle, voulue par Mobutu en lieu et place de la CNS.
Il n’y a pas longtemps, un autre prof juriste, kabiliste passé aujourd’hui à l’Union sacrée, avait écrit un livre pour défendre la révision de la Constitution, sans laquelle le pays tomberait en hibernation. Il est rattrapé aujourd’hui par son incohérence, parce qu’il est cité parmi les 82 invalidés de la CENI.
L’appel de l’APUKIN a l’avantage de redorer l’image, quelque peu ternie, de l’UNIKIN vis-à-vis de l’homme de la rue, qui estime que les profs de cette institution académique portent une grande responsabilité dans la descente aux enfers de notre pays, pour ne s’être pas assumés depuis la période mobutiste.
Le fait que la Cour de cassation se soit saisie de cette affaire de fraude prouve à suffisance que la RDC n’est pas totalement pourrie, comme semble le soutenir une certaine opinion. La décision courageuse de la CENI et la prise de position de l’APUKIN confortent notre assertion. Muke MUKE