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Procès Tshiwewe et consorts : la défense achève ses mémoires, le ministère public attendu à la barre le 27 août
Le procès opposant le ministère public, représenté par l'Auditeur général des FARDC, à plusieurs officiers généraux et militaires a franchi, hier jeudi 13 août 2026, une nouvelle étape à la Haute Cour militaire. Après plusieurs audiences consacrées à l'examen des arguments de la défense, les avocats des prévenus ont achevé la présentation des mémoires uniques de leurs clients.
Au terme de cette séquence, le premier président de la Haute Cour militaire, le lieutenant général Joseph Mutombo Katalay, a fixé la prochaine audience au 27 août. Celle-ci devrait marquer le retour du ministère public dans les débats, avec sa réplique aux arguments développés par la défense. La République démocratique du Congo, constituée partie civile, devrait également intervenir.
Deux semaines pour répondre à la défense
Face au volume des mémoires présentés et à la diversité des moyens soulevés par les avocats, l'Auditeur général des FARDC, le lieutenant général Lucien-René Likulia Bakumi, a demandé un délai de deux semaines. Le parquet militaire entend ainsi disposer du temps nécessaire pour examiner les arguments développés par les prévenus avant de répondre point par point.
"Je voudrais disposer du temps nécessaire afin d'examiner efficacement les différents mémoires, d'en apprécier la portée et d'y réserver une réplique appropriée, percutante et foudroyante", a déclaré le magistrat militaire, annonçant une réponse qu'il promet rigoureuse.
Le ton employé par le ministère public laisse déjà entrevoir une prochaine audience particulièrement disputée. Le lieutenant général Likulia a notamment réagi aux propos jugés discourtois tenus, selon lui, à l'endroit du parquet. "À ceux qui se sont permis de tenir des propos discourtois à l'endroit du ministère public, une réponse leur sera également réservée", a-t-il ajouté.
Trois mémoires uniques ont été présentés au cours de l'audience de ce jeudi. Le premier concernait le général de brigade John Ngoy wa Kabila, le deuxième, le général de brigade John Sangwa Muhemedi et le troisième le colonel Guy Mukombozi Zahinda.
Par leurs arguments, les prévenus ont notamment mis en cause la compétence du Conseil national de cyberdéfense. La défense a également soulevé plusieurs griefs liés à la procédure ayant conduit à la comparution des militaires devant la Haute Cour militaire.
Ces contestations pourraient constituer l'un des principaux points de confrontation lors de la réplique du ministère public. Derrière les accusations portées contre les prévenus se joue en effet une autre bataille, cette fois autour de la régularité de la procédure et de la valeur juridique des éléments ayant servi de base aux poursuites.
L'audience de ce jeudi a, par ailleurs, été marquée par une modification dans la composition de la juridiction. Le lieutenant-général David Padiri Bulenda a intégré la Haute Cour militaire en qualité de juge assesseur.
Il remplace le commissaire général de la Police nationale congolaise, Alonga Boni. Ce changement intervient alors que la juridiction s'apprête à entamer une nouvelle phase du procès, avec les observations du ministère public et celles de la partie civile.
Dix prévenus et huit chefs d'accusation
Au total, dix personnes sont poursuivies dans cette affaire. Parmi elles figurent l'ancien chef d'état-major général des FARDC, le général d'armée Christian Tshiwewe Songesha, ainsi que le général d'armée John Numbi Banza Ntambo, le général-major Maurice Nyembo Kufi, le général de brigade Chinyabuuma Kamukinde, les généraux de brigade John Ngoy wa Kabila et John Sangwa Muhemedi.
Sont également concernés les colonels Guy Mukombozi Zahinda, Pathy Sangwa Lumbu et Christophe Tshinabo Kenge, ainsi que Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du CEEC. Certains prévenus, notamment John Numbi, Christophe Tshinabo Kenge et Pascal Nyembo Muyumba, sont poursuivis alors qu'ils se trouvent en fuite.
Les charges retenues sont particulièrement lourdes. Elles portent notamment sur le complot, la propagation de faux bruits, l'apologie du terrorisme, la trahison, la désertion à l'étranger, la violation des consignes, la détention illégale d'armes et de munitions de guerre, ainsi que l'incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
Avec la fin de la présentation des mémoires de la défense, le procès entre désormais dans une phase où les positions des deux parties devraient être davantage confrontées. Le rendez-vous du 27 août apparaît ainsi comme une audience où le ministère public devra répondre aux contestations de la défense, tandis que la partie civile devrait préciser, à son tour, ses prétentions dans cette procédure à forts enjeux militaires et judiciaires.
Ezechiel Monteirious MONTEIRO