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Procès Seth Kikuni : le verdict attendu avant le 30 novembre
Le procès de l’opposant politique Seth Kikuni, accusé d’incitation à la désobéissance civile et de propagation de faux bruits, tend vers lentement et sûrement vers son épilogue. Lors d’une audience tenue, hier mercredi 20 novembre à la prison centrale de Makala, le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe a clos son instruction après avoir entendu les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats de la défense.
Le ministère public a requis une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 950 000 francs congolais, estimant que les déclarations de Seth Kikuni le 27 août 2024 à Lubumbashi constituaient une incitation claire à enfreindre les lois en vigueur. Selon l’accusation, l’appel de Kikuni aux Katangais à «braver la peur» et à «se réveiller» lors d’un forum politique relevait d’une tentative de mobilisation contre le régime en place, mettant en péril la stabilité et l’ordre public.
Les avocats de Seth Kikuni ont rejeté ces accusations. Ils ont plaidé pour un acquittement total, arguant que leur client n’a fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression, garanti par la Constitution congolaise.
Derniers mots de Kikuni
Prenant la parole en clôture d’audience, Seth Kikuni a dénoncé le caractère politique de son procès et a réaffirmé sa confiance en la justice.
«M. le Président, ce procès est politique. Je n’ai aucun doute sur le fait que vous allez m’acquitter. Car si vous choisissez de me condamner, ce n’est pas Seth Kikuni que vous allez condamner. C’est la liberté d’expression, c’est la démocratie, c’est l’opposition que vous allez condamner», a-t-il indiqué.
Le verdict attendu avant le 30 Novembre
Après avoir entendu les arguments des deux parties, le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe a estimé que le dossier était suffisamment clair pour délibérer.
«Le Tribunal est suffisamment éclairé et nous allons, avec ou sans notes de plaidoirie, rendre la décision avant le 30 novembre prochain», a déclaré le président de la cour.
L’arrestation de Seth Kikuni, survenue le 2 septembre 2024, a provoqué de vives réactions en République Démocratique du Congo. Des chefs de file de l’opposition, dont Katumbi et Fayulu, l’ont tous condamnée. Candidat à deux reprises à l’élection présidentielle, Kikuni est une figure emblématique de l’opposition et un fervent critique des autorités actuelles.
Christian-Timothée MAMPUYA