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Première édition de l’AGORA : Des voix s’élèvent pour la création d’une banque des femmes
*En organisant cette rencontre, la cheffe du gouvernement a mis l’accent sur la gouvernance participative et inclusive.
Plusieurs recommandations ont été formulées lors de la Première édition de l’Agora de la femme congolaise, une initiative de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka pour réfléchir sur la bonne gouvernance et l’émergence socioéconomique du pays, tenue le samedi 09 novembre à Kinshasa. Cette première édition a mis l’accent sur le leadership féminin en mettant en exergue les principes d’une gouvernance participative et inclusive et les violences basées sur le genre, en perspective de leur réduction sensible et drastique.
Les principales recommandations mettent un accent sur la nécessité de dresser un état des lieux des droits fondamentaux de la femme à travers un atelier. Aussi, la mise en place des mécanismes de justice traditionnelle et la vulgarisation de tous les textes légaux qui font la promotion des droits des femmes.
Par ailleurs, les participantes ont suggéré la lutte contre les violences domestiques avec des soubassements juridiques, l’implication de la femme dans le processus de paix depuis la base, la création d’une banque des femmes pour favoriser l’accès au financement de l’entreprenariat des femmes; amélioration des conditions de travail des femmes militaires afin d’accroître le nombre des femmes dans l’armée et la police… »
La cheffe du gouvernement a reconnu que les grandes recommandations figurent dans son programme de 5 ans. Il faudra de la patience pour leurs réalisations, a fait remarquer Judith Suminwa, soulignant qu’il y aura un mécanisme de suivi et évaluation de toutes ces recommandations.
HOMMAGE A FATSHI
La Première ministre a rendu un hommage à un homme d’exception, le champion de la masculinité positive, le Président Félix-Antoine Tshisekedi qui a dès son accession à la magistrature suprême, exprimé sa ferme volonté de promouvoir les femmes au sein des Institutions de la République.
Aux dires de la cheffe du gouvernement, la première édition de l’AGORA de la femme congolaise était un moment consacré à la réflexion et à l’action. Judith Suminwa avait souhaité que ces échanges soient un cadre pérenne qui encourage le partage des propositions concrètes visant à assurer une participation plus accrue de la femme dans le développement socioéconomique de la RDC, à réduire sensiblement les violences faites à la femme.
Aussi, c’était un moment pour trouver ensemble des solutions en vue de créer des conditions favorables à la promotion du leadership féminin. » Car, je suis convaincue que le dialogue citoyen est l’instrument pour apporter les réponses appropriées aux questions existentielles auxquelles nous faisons face« , a soutenu la cheffe du gouvernement.
Par ailleurs, Madame Judith Suminwa a assuré l’assistance que dans le Programme d’actions de son Gouvernement, la réduction des inégalités homme-femme et la lutte contre les violences faites aux femmes occupe une place prépondérante. Il s’agit d’accorder à la femme sa juste place au sein de la communauté en favorisant sa participation au développement du pays à tous les niveaux et en luttant contre les violences liées au genre, a-t-elle reconnu.
Parmi les actions qui sont préconisées, il y a entre autres : l’augmentation du quota de participation des femmes dans les institutions politico-administratives ; la construction des centres de suivi des violences basées sur le genre et l’installation des antennes provinciales de l’Agence Nationale de Lutte contre les Violences faites à la Femme, à la Jeune et à la Petite fille (AVIFEM).
Il y a, en outre, la mise en œuvre du Plan d’action de la Stratégie nationale de la lutte contre les violences basées sur le Genre, l’extension de la gratuité des accouchements et les soins aux nouveau-nés dans toutes les provinces. De même, la modernisation des marchés et espaces de vente, « qui va aussi » aider à assainir nos villes.
Judith Suminwa n’a pas manqué de saluer le courage des femmes évoluant dans divers secteurs qui contribuent à la vie économique du pays. Elle a fait un clin d’oeil particulier à celles du secteur des finances (banques, crédit, likelemba) qui jouent un rôle moteur dans la formalisation de l’économie et donc de la croissance.
Elles démontrent, selon Suminwa, que la femme qui a accès aux opportunités économiques, au contrôle des ressources et qui jouit pleinement de ses droits sociaux, participe efficacement à l’essor de son ménage, de sa communauté, de son pays et de l’humanité toute entière.
Enfin, la Première ministre a eu une pensée particulière « aux femmes de la partie Est du pays, en proie à la barbarie que nous impose le Rwanda et ses supplétifs du M23. Elles subissent toutes sortes de violences pouvant illustrer la cruauté humaine. » Je n’oublie pas nos sœurs des provinces du Kwango et Kwilu, victimes des atrocités commises par la milice Mobondo« .
Mathy Musau