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Pollution minière en RDC : l'IRDH alerte Tshisekedi sur l'impunité dont bénéficieraient certaines entreprises
L'Institut de recherche en droits humains (IRDH) à Lubumbashi interpelle le chef de l'État, Félix-Antoine Tshisekedi sur trois dossiers de pollution environnementale impliquant des entreprises minières du Haut-Katanga et du Lualaba. L'organisation évoque notamment les cas de Somika, CDM et Chemaf et appelle à une application effective des obligations légales en matière de réparation, de santé publique et de protection de l'environnement.
L'IRDH hausse le ton face à ce qu'il qualifie d' "institutionnalisation de l'impunité" dont bénéficieraient certaines entreprises minières responsables. Selon lui, de graves atteintes à l'environnement dans les provinces cuprifères de la RDC.
Dans un mémorandum adressé au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, l'organisation présente trois dossiers comme des cas illustratifs : la Somika, Congo Dongfang International Mining (CDM) et Chemaf SA.
L'IRDH estime que ces situations sont d'autant plus préoccupantes que la RDC se trouve au cœur d'une demande internationale croissante en cuivre, cobalt et autres minerais stratégiques. L'organisation redoute que l'accélération de la production minière ne se fasse au détriment des droits des communautés et de la protection de l'environnement.
DEUX INCIDENTS AU COEUR DE L'ALERTE
L'IRDH affirme que deux incidents survenus les 26 et 29 avril 2026 dans les installations de l'entreprise à Kwampisha, dans le groupement Inakiluba, chefferie Kaponda, territoire de Kipushi, ont entraîné le déversement de quantités importantes d'effluents que l'organisation qualifie d'acides.
Selon l'IRDH, ces substances auraient d'abord recouvert la route menant au village de Kwampisha avant d'atteindre la rivière Kasonta, affluent de la rivière Kibunduka. Cette dernière alimente notamment le lac artificiel de l'Institut national pour l'étude et la recherche agronomiques (Inera).
L'organisation alerte sur les conséquences potentielles d'une telle contamination sur les ressources hydriques, la biodiversité aquatique, l'agriculture et la santé des populations exposées.
Le dossier avait déjà suscité une controverse publique en juin 2026. L'IRDH avait alors demandé des investigations environnementales indépendantes.
De son côté, Somika avait rejeté les accusations de pollution et affirmé que les analyses réalisées sur le terrain ne révélaient pas de contamination de la rivière Kibunduka.
La société avait notamment évoqué un incident technique maîtrisé et indiqué que certaines analyses affichaient un pH proche de 8.
Dans son mémorandum du 6 août, l'IRDH insiste surtout sur le caractère récurrent du problème. L'organisation affirme que les incidents de 2026 s'ajoutent à des plaintes antérieures visant Somika, remontant notamment à 2021.
Cette année-là déjà, des habitants du quartier Somika, dans la périphérie de Lubumbashi, avaient dénoncé des problèmes liés à la pollution de l'eau et de l'air. Une commission mixte d'enquête avait été mise en place par les autorités provinciales afin de procéder à des prélèvements d'eau, de sol et d'air.
Gloire BATOMENE