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PLUSIEURS MOIS APRES LEUR ELECTION : Les conseillers municipaux toujours inoccupés et impayés
Le sort de conseillers municipaux élus en décembre 2023 en même temps que les députés nationaux et provinciaux laisse vraiment à désirer. Plusieurs mois après leur élection, ces élus locaux ne sont pas encore officiellement installés. Ils ne disposent pas de cadre de travail. Par conséquent, ils ne peuvent pas organiser les élections internes pour mettre en place leurs bureaux. En outre, il leur est impossible d’organiser l’élection des bourgmestres de communes.
L’année dernière, ils sont montés au créneau à plusieurs reprises pour alerter le gouvernement sur leur sort, mais jusqu’à ce jour aucune solution n’a été trouvée à leurs revendications.
L'espoir est que lors du vote du budget 2025, les députés ont tenu compte de ce problème et inclus les émoluments de ces élus locaux dans la rubrique des dépenses. La rémunération est une dépense obligatoire et prioritaire. L’État ne doit pas avoir dépensé de fonds pour organiser les élections municipales qui ne servent à rien.
Il sied aussi de souligner que la bonne administration d’un pays commence à la base. Si, à ce niveau, il n’y a pas d’autorités légitimes pour diriger les entités locales, les conséquences seront nombreuses. Pour preuve, les bourgmestres de nos municipalités sont des intérimaires. À ce titre, ils ne manifestent aucun intérêt à apporter un plus dans les entités politico-administratives qu’ils dirigent. Pour s’en convaincre, il suffit de faire quelques rondes dans les communes de Kinshasa et d’autres chefs-lieux de provinces. L’insalubrité qui les caractérise prouve à suffisance que les bourgmestres ne s’en préoccupent pas, leurs intérêts étant ailleurs.
Pour mettre fin à cette incurie qui caractérise ces entités, il faut les remplacer par ceux qui seront élus par les députés municipaux. À qui ils seront redevables. Dans ce cas, ils vont travailler avec conscience. Ce n’est pas pour rien qu’il est prévu des élections à ce niveau de la territoriale, car si les bourgmestres ne sont pas contrôlés, ils vont diriger comme ils le veulent. C’est malheureusement la situation que nous connaissons depuis plusieurs années avec les autorités municipales actuelles.
Éviter l’improvisation
Il importe d'éviter l'improvisation. En effet, il est clair que le non-fonctionnement des conseils municipaux que nous déplorons résulte de l’improvisation et de manque de planification dans la gestion de la res publica. Normalement, avant l’organisation des élections municipales, le gouvernement aurait dû prévoir tous les dispositifs nécessaires pour un fonctionnement harmonieux de ces institutions locales, notamment les infrastructures et un budget approprié. Ces dispositions n’ayant pas été prises, les conseillers municipaux sont bloqués et ne pourront peut-être pas fonctionner tant que les données actuelles ne changent pas.
Tel est le cas également de certains ministères où plusieurs agents sont confinés dans un même local, faute de bureaux. C’est encore plus grave en ce qui concerne le ministère de la Pêche qui a été créé avant que le gouvernement n’achète un seul chalutier. Aujourd’hui, le trésor public est en train de payer des personnes qui ne rendent aucun service à l’État congolais. C’est vraiment l’argent jeté par la fenêtre.
Pour revenir sur la situation des conseillers municipaux, le gouvernement est invité à trouver une solution satisfaisante et définitive à leur sort. Les abandonner dans cet état, c’est de l’irresponsabilité intolérable dans un État de droit comme la République démocratique du Congo. C’est aussi susciter une catégorie de mécontents que le pays doit éviter dans cette période où la cohésion sociale est plus qu’indispensable.
Muke MUKE