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Marie-Thérèse Sombo réussira-t-elle à relever le défi?
Terminer un cycle complet d’études supérieures et universitaires en RD Congo, est une chose. Recevoir son diplôme en est une autre. Il semble la plus difficile. Tenez. Dans plusieurs établissements publics de l’Enseignement supérieur et Universitaire en RD Congo, l’obtention du diplôme de fin d’études est un combat presque perdu d’avance, que mènent depuis plusieurs années, des milliers de finalistes, tous cycles et toutes filières confondus.
Quiconque se serait aventuré à enquêter sur ce sujet, aura constaté que des milliers d’universitaires congolais n’ont pas leurs diplômes. Non pas parce qu’ils sont des faussaires. Plutôt, à cause d’une lenteur administrative maladive de leurs établissements respectifs, qui ne veulent pas leur remettre cet imprimé, preuve matérielle de la fin d’un cursus universitaire ou académique.
IFASIC: UN CAS EMBLEMATIQUE
Certes, le retard de plusieurs années, observé dans la remise de diplômes universitaires en RD Congo, concerne tous les établissements officiels de l’ESU.
Cependant, tous ne sont pas logés dans la même enseigne. Autant le souligner, tout de suite que sur le terrain, la réalité varie d’un établissement à un autre. Il y en a qui accusent un retard de tout au plus cinq ans. D’autres, un peu davantage. Cas de l’Université des sciences de l’information et de la communication (UNISIC), ex-IFASIC.
Dans cet établissement de formation des journalistes et des techniciens de la communication, les finalistes de l’année académique 2013-2014, continuent désespérément à attendre leurs diplômes. Pas que. Plusieurs autres finalistes des années académiques antérieures, se retrouvent dans la même situation. Certains sont même décédés sans avoir vu leurs diplômes. D’autres ont voyagé, laissant à leurs proche-parents, la responsabilité de suivre le dossier. En vain!
En réalité, rien ne saurait justifier cette situation, quand on sait que les finalistes concernés s’étaient déjà acquittés de leurs obligations. A savoir, le payement des frais exigés pour l’établissement de diplômes.
En ce qui concerne l’IFASIC, précisément, il avait été demandé aux étudiants finalistes de l’année 2013-2014, de payer 75$ pour le diplôme de licence et 75$ pour celui de graduat. Soit, un total de 150$ encaissés pour les deux documents. Malheureusement, la situation n’a jamais changé. Ce, en dépit du changement aussi bien des ministres du secteur de l’ESU, que des membres du comité de gestion de l’ex- IFASIC.
En effet, toute démarche entreprise sur cette affaire de diplôme est d’avance vouée à l’échec. Personne ne semble avoir la bonne info. Les requérants ragoteurs, se retrouvent en face des interlocuteurs ressassant, à qui voudrait les entendre, les mêmes carabistouilles.
«On ne comprend plus rien...» Telle est la réponse que réserve le Service administratif de l’IFASIC, à quiconque voudrait connaître les raisons du retard observé dans la délivrance des diplômes.
Dans pareil cas, l’enfer étant les autres, certains membres de l’actuel comité de gestion de l’ex-IFASIC, pointent du doigt leurs prédécesseurs.
«(...) C’est compliqué. A notre arrivée aux Affaires, nous avons trouvé une situation bizarre qui se résume en un capharnaüm sans nom. Progressivement, nous sommes en train de nous battre pour remettre de l’ordre», explique sous couvert de l’anonymat, un très proche du SG de l’UNISIC, joint au téléphone. Doit-on tout de suite, penser à une prévarication? Soit!
UNE EPINE SOUS LE PIED DE MARIE-THERESE SOMBO?
En juillet 2023, Muhindo Nzangi, alors ministre de l’Enseignement supérieur et Universitaire, signait une note circulaire destinée à tous les Chefs d’établissements. Dans sa note, ce dernier rappelait les dispositions liées à la soumission des arriérés des diplômes. Et, les frais à payer étaient fixés à 10$ Us seulement.
Il s’agissait d’une mesure exceptionnelle qui ne devrait pas dépasser les quatre mois. Ce qui avait suscité un engouement sur les différents campus.
D’aucuns avaient pensé, non sans raison, que cette fois-là était la bonne. Hélas. Au fil des années, la thérapie Nzangi s’est avéré une poudre de perlimpinpin!
Questions. Les diplômes universitaires en RD Congo sont-ils imprimés loin des frontières nationales? Est-ce aussi à cause de la guerre dans l’Est du pays - devenue un prétexte pour tout le monde - que ces imprimés n’ont jamais été apprêtés dans de meilleurs délais ? L’actuelle patronne de l’ESU parviendra-t-elle à relever le défi ? Plus exactement, Marie Thérèse Sombo, réussira-t-elle à extirper la grosse épine sous son pied, que représente le retrait des diplômes universitaires en RD Congo? Trêve de questionnement, tant il faudrait remettre les pendules à l’heure.
Grevisse KABREL