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Marches de l’Opposition et de l’UDPS : l’Hôtel de ville appelé à prendre une mesure sage
La ligue des jeunes de l’UDPS a décidé d’organiser une marche de soutien aux institutions le samedi 20 mai. Le jour où l’Opposition menée par le trio Fayulu-Katumbi- Sesanga a choisi pour sa marche contre le pouvoir en place.
Dans l’opinion, on s’interroge « pourquoi la présidence de la jeunesse du parti présidentiel ne peut-elle pas choisir un autre jour pour organiser cette marche de soutien aux institutions ? »
On se demande en effet pourquoi le pouvoir en place reconduit les méthodes qu’il décriait, face aux régimes précédents. Pourquoi le parti présidentiel s’active à brandir le remake des méthodes du Pouvoir précédent.
Kinshasa est confrontée à une insécurité récurrente due au banditisme urbain, perpétré par des gangsters appelés communément « Kuluna ». Brigands auxquels le Gouvernement a du mal à faire face. A cette délinquance juvénile s’ajoutent des assaillants dits Mobondo qui pillent, violent et tuent sur leur chemin.
Partis de la cité de Kwamouth, dans la province de Mai-Ndombe, ces hors-la-loi ont atteint la banlieue de la capitale. Dernièrement, le ministère de l’Intérieur a annoncé l’arrestation des membres d’une milice dans la commune de Ngaliema. L’enquête est en cours pour connaître les origines de ces jeunes gens armés d’armes blanches. Existerait-il une connexion entre cette milice et la bande à Mobondo ? Nul ne le sait.
Cette situation prouve à suffisance que Kinshasa vit dans une forte incertitude. Les autorités et la population sont alertées. D’aucuns disent même que la capitale est infiltrée par des personnes dont l’objectif est de déstabiliser les institutions légalement établies.
Une telle ambiance de fébrilité devrait amener tous ceux qui se disent patriotes de se serrer les coudes et de sceller une vraie union sacrée de la nation pour barrer la route à ces imposteurs. Malheureusement, on assiste à un autre scénario qui ouvre la voie à ces bandits dont le dessein machiavélique est bien connu des Congolais.
Soutenir le pouvoir
Il est vrai que si l’UDPS et l’Opposition descendent dans la rue le samedi 20 mai, il y aura du grabuge dont personne ne peut s’imaginer les conséquences.
C’est pourquoi, d’aucuns souhaitent que les militants de l’UDPS puissent poser des actes susceptibles de faciliter la tâche au pouvoir pour atteindre ses objectifs à l’approche des élections. Ce, d’autant que la ville de Kinshasa pour une marche qui aurait dû se tenir le samedi dernier. Le parti présidentiel ferait mieux de trouver une autre date pour manifester.
Face à ce dilemme, le gouverneur de la ville de Kinshasa est appelé à jouer à la prudence pour éviter des troubles inutiles dans la capitale. Dans un camp comme dans l’autre, l’on ne sait qui viendra avec de bonnes intentions. Il est vrai que les chefs des partis politiques n’ont jamais envoyé sur la place publique des militants pour provoquer le désordre, mais souvent ce sont des personnes mal intentionnées ou manipulées par des inciviques qui s’infiltrent dans les rangs des manifestants pour poser des actes répréhensibles. Dans ce cas, il est très difficile à la police d’appréhender les fauteurs des troubles.
Que va faire l’Hôtel de ville de Kinshasa pour satisfaire les deux camps ? C’est un véritable casse-tête devant lequel se trouve l’autorité urbaine qui se trouve entre le marteau et l’enclume.
La meilleure approche est de réunir autour d’une même table les autorités de la Ligue des jeunes de l’UDPS et les responsables de l’Opposition pour une solution à l’amiable. Les uns et les autres devraient placer l’intérêt supérieur de la population au-dessus de leur propre positionnement.
A six mois des élections, ils devraient se focaliser plus sur les préparatifs de ces échéances en vue de la victoire finale au lieu de disperser les énergies sur des activités qui n’auront aucun impact sur les joutes électorales à venir.
Si les deux parties peuvent faire preuve de compréhension et surtout de sagesse, il y a lieu de trouver un modus vivendi qui satisfasse les uns et les autres. Un modus vivendi qui permettrait aux Kinois de passer un week-end paisible en dépit des soubresauts dus à une situation socio-économique fébrile provoquée par la surchauffe du marché de change. Muke MUKE