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Manifestation du 8 juillet, Fayulu, Kabund, Katumbi, Matata et Sesanga unissent leurs forces pour une marche massive au Palais de la Nation
L'opposition politique congolaise affiche un front commun. Dans une correspondance officielle datée du 23 juin et enregistrée à l'Hôtel de Ville de Kinshasa le jeudi 25 juin, cinq de ses principales figures Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble pour la République), Augustin Matata Ponyo (LGD) et Delly Sesanga (ENVOL) annoncent l'organisation d'une manifestation pacifique le mercredi 8 juillet prochain, avec pour point de chute le Palais de la Nation.
Les organisateurs affirment agir conformément à l'article 26 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation. Ils précisent que cette mobilisation vise à réaffirmer leur attachement au respect de la Constitution, à la défense de l'État de droit et à la préservation de l'ordre constitutionnel. À l'issue de la marche, un mémorandum sera remis au Président de la République.
QUATRE ITINÉRAIRES SELON LES DISTRICTS DE KINSHASA
Le rassemblement débutera à 9 heures. Afin de canaliser les manifestants vers le Palais de la Nation, quatre itinéraires ont été définis selon les anciens districts de Kinshasa.
Dans la Tshangu, les participants partiront de la Place Pascal avant d'emprunter le boulevard Lumumba, le boulevard du 30 Juin, le tronçon Poids Lourds et la Gare centrale.
Dans le Mont-Amba, trois points de départ sont retenus : l'Échangeur de Limete, le rond-point TP et l'Université Kianza, avec un itinéraire passant par le boulevard Triomphal et l'avenue de la Libération.
Pour la Funa, les rassemblements sont prévus au rond-point Moulaert, au croisement Kasa-Vubu-Elengesa, à Wenze ya Bayaka et au marché de Selembao, avant une convergence vers les avenues de la Libération et Kasa-Vubu.
Enfin, dans la Lukunga, les manifestants partiront de la station Macampagne, du rond-point Sakombi et de la station Ozone, en passant notamment par Kitambo Vélodrome, l'avenue Nguma et le rond-point Huileries.
Dans leur correspondance, les cinq leaders demandent au gouverneur de Kinshasa, ainsi qu'aux autorités compétentes, notamment le ministère de l'Intérieur, la Police nationale congolaise et l'Agence nationale de renseignements (ANR), de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir la sécurité des participants et assurer la fluidité de la circulation.
Les initiateurs insistent sur le caractère " strictement pacifique et démocratique " de cette manifestation, qu'ils présentent comme une démarche citoyenne destinée à faire entendre leur voix sur le respect de la Constitution et des principes de l'État de droit.
KINSHASA S'APPRÊTE À VIVRE UNE JOURNÉE CHARGÉE LE 8 JUILLET
À la veille de cette mobilisation annoncée comme l'une des plus importantes de ces derniers mois dans la capitale, Kinshasa s'apprête à vivre une journée politiquement et socialement chargée le 8 juillet. Une date qui pourrait concentrer à la fois enjeux politiques et dynamiques d'ordre public, dans un contexte où la gestion de l'espace urbain reste un défi permanent.
Dans ce climat déjà tendu, une autre question se pose en filigrane : celle de la cohabitation des agendas publics. Alors que les éléments du Service national amorcent progressivement, sur instruction du président de la République, leur mission d'assainissement et de réorganisation de certains espaces de la capitale, leur déploiement effectif dans les rues de Kinshasa ce même jour pourrait introduire une configuration particulière sur le terrain.
Entre mobilisation politique d'envergure et opérations de salubrité urbaine, la capitale pourrait ainsi se retrouver à la croisée de deux dynamiques simultanées, appelant à une coordination rigoureuse des dispositifs pour éviter toute confusion dans l'espace public. Dans ce contexte, l'attention reste tournée vers les autorités, chargées d'assurer à la fois la liberté de manifestation et le maintien de l'ordre urbain dans une ville souvent mise à rude épreuve par les grands rassemblements.
Jérémie ASOKO