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MALGRE D'IMPORTANTES ET SALUTAIRES MESURES : La ville de Kinshasa se déprécie de plus en plus
La capitale de la République démocratique du Congo ne fait que perdre son visage d'antan au fur et à mesure que les années passent. De Kin-la-belle qu'il était, il y a des décennies Kinshasa est aujourd'hui Kin -la-poubelle ou Kin-l'insalubre. Pourtant d´André Kimbuta à Daniel Bumba, en passant par Gentiny Ngobila, d´importantes et salutaires mesures ont été prises pour redorer l´image ternie de l´ex Léopoldville. En tant que siège des institutions nationales, des chancelleries, le gouvernement central s´implique aussi dans la gestion de la capitale. Mais en dépit de ces interventions, Kinshasa se déprécie plus en plus.
Face à cette situation, plus d´un Kinois ne se lasse de s´interroger sur les causes profondes de la déliquescence de la capitale qui comptait parmi les plus attractives de l´Afrique. Si ceux qui ont vécu dans des quartiers huppés comme Kalina, Pigeon, Macampagne, Renkin et que sais-je encore, revenaient aujourd´hui revisiter ces endroits, nous parions que certains pourraient piquer une crise d´AVC.
À la base de l´insalubrité qui ternit principalement la métropole congolaise, il y a d´abord les Kinois. La plupart de ceux-ci ont un niveau qui ne leur permet pas de s´adapter aux exigences d´une ville. Beaucoup de villageois (ce n´est pas une injure), qui n´ont aucune notion d´hygiène publique, ont investi la capitale transportant avec eux le mode de vie des milieux ruraux. Ils jettent toutes sortes de déchets et ordures dans des endroits où il ne faut pas. Si on ose faire des reproches à quelqu´un de cette catégorie, il est capable de vous adresser des propos malveillants susceptibles de vous blesser intérieurement durant plusieurs jours.
Une autre catégorie est celle des personnes mal éduquées, des indisciplinés bien qu´ayant un certain niveau intellectuel. On les voit sur nos routes, roulant sans respecter le code de la route, construisant sur des sites érosifs, buvant sur la place publique sans faire honneur à leur rang social,...
Ces types d´inciviques, tant qu´ils ne sont pas sanctionnés suivant la rigueur de la loi, feront des émules, qui vont également, à leur tour, narguer les autorités.
La responsabilité des gouvernants
Si nous en sommes là, c´est parce qu´il y a carence de l´autorité de l´Etat, à tous les niveaux. Le premier problème ci-haut évoqué concerne l´abandon des milieux ruraux. Ne sachant plus à quel saint se vouer face à la précarité de leurs conditions de vie, les paysans ne trouvent pas mieux que de se déverser dans les villes dont Kinshasa constitue la destination de prédilection. Déçus par les attentes d´une vie meilleure en ville, ils se livrent à n´importe quel job, même s´il faut enfreindre les lois du pays. C´est le cas des garagistes, des tenacières de restaurants de fortune et autres boutiques des petits cordonniers qui ont investi les voies publiques pour exercer leurs activités.
Devant de tels défis, aucune stratégie idoine n´est mise en place pour les relever en s´attaquant aux causes structurelles. C´est pourquoi, toutes les mesures prises de manière superficielle, ne produisent pas les effets escomptés. Des fois, on revient sur les mêmes décisions en changeant tout simplement de nom. On est passé par exemple de Kin propre à Kin bopeto, sans se demander pourquoi le premier a échoué. Ainsi, on tourne en rond. Or, quiconque ne progresse pas, recule. C´est la situation de Kinshasa qui ressemble à une jungle, chacun se comportant comme il l´entend. Ce désordre, dû en l´absence de l´autorité de l´Etat est notamment à la base des embouteillages, qui provoquent des stress à plusieurs citoyens.
Il est temps que tous les élus de Kinshasa sortent de leur torpeur pour sauver leur fief électoral. À défaut, la grande capitale de la RDC sera engloutie au sens propre comme au figuré.
Muke MUKE