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IGF : le Plan stratégique triennal 2026-2028 enseigné aux responsables des administrations et services publics
*Le patron de l'IGF est formel : « le contrôle systémique n'est pas une option, c'est une nécessité vitale pour s'adapter à l'évolution du monde ».
Plusieurs recommandations ont été formulées au terme de deux jours, 19 au 20 août 2026, du séminaire de vulgarisation du Plan stratégique triennal 2026-2028 destiné aux responsables des administrations et services publics sous le thème : « Plan stratégique triennal 2026-2028 et contrôle systémique de l'IGF : mutation du contrôle pour une meilleure gouvernance publique en République Démocratique du Congo », organisé par l'Inspection générale des Finances à Kinshasa.
Il s'agit notamment de développer la culture de prévention de la fraude et de la corruption, renforcer les capacités des agents publics en matière de lutte contre la corruption, ainsi que d'améliorer la qualité et l'efficacité de la gestion publique. La clôture a été sanctionnée par la remise des brevets de participation.
Cette rencontre a réuni plus de 200 responsables des administrations et services pour avoir les repères, la philosophie et les méthodes sur le plan triennal 2026-2028 et du contrôle systémique de l'IGF afin d'obtenir leur implication.
Dans son mot de clôture, l'Inspecteur général des finances-Chef des services, Christophe Bitasimwa Bahii a déclaré que ce séminaire a permis de mettre en lumière des questions fondamentales liées à la modernisation du contrôle et à l'amélioration de la gouvernance publique.
Intervenant le premier jour, l'Inspecteur général des finances-Chef des services de l'IGF, M. Christophe Bitasimwa Bahii a axé son exposé sur : « Plan stratégique triennal 2026-2028 et contrôle systémique de l'IGF : quel apport à la gouvernance et à la performance des administrations et services publics ? »
Il a saisi cette opportunité pour mettre en lumière l'apport du contrôle systémique dans la gouvernance et la performance des administrations et services publics.
« La vision est de faire de l'IGF une institution d'intelligence et d'intervention pour la transformation de la gouvernance financière de l'État au service de l'intérêt général. Cette vision élargit le rôle de l'IGF qui ne se limite plus seulement à des opérations de contrôle de quelques opérations ponctuelles mais qui veut comprendre les mécanismes financiers et maîtriser tous les flux financiers qui circulent dans le pays mais aussi qui veut accompagner l'évolution des services publics », a déclaré le patron de l'IGF.
Cependant, l'Inspecteur général des finances-Chef de service est convaincu : « le contrôle systémique n'est pas une option, c'est une nécessité vitale pour s'adapter à l'évolution du monde ».
M. Bitasimwa a insisté : « transformer l'IGF pour transformer la gouvernance financière de l'État, c'est doter la nation d'une capacité permanente d'intelligence et d'anticipation, afin que chaque responsable public serve l'intérêt général et le développement durable ».
M. Bitasimwa a saisi cette opportunité pour présenter les principes directeurs du contrôle systémique qui sont entre autres l'interconnexion pour dépasser les frontières organisationnelles pour obtenir une vision globale des flux financiers ; l'exploitation de la donnée en transformant la donnée brute en connaissance stratégique pour révéler des tendances invisibles ; les technologies avancées avec l'utilisation ciblée de l'IA et de la business intelligence pour appuyer le jugement humain ainsi que l'amélioration continue : le processus ne s'achève pas avec le rapport, il se prolonge par le suivi rigoureux des recommandations.
Puis, il a mentionné : « le contrôle systémique traduit une volonté de rendre le contrôle plus intelligent, plus ciblé, plus prédictif et surtout plus utile à la gouvernance ».
Comme toutes les réformes, le contrôle systémique a des défis à relever au niveau interne et externe, a-t-il reconnu. Au niveau interne, a-t-il fait savoir : « il y a le changement de culture du travail, la mise en place d'une infrastructure numérique robuste et sécurisée ainsi que le renforcement de capacités ».
Tandis que les externes sont la sensibilisation à la nouvelle donne et l'appropriation par les parties prenantes ; l'accompagnement de l'IGF et briser la résistance et mettre tout le monde au pas, a-t-il ajouté.
Cette démarche s'inscrit dans un contexte où l'amélioration de la gouvernance financière, la mobilisation des recettes publiques et la maîtrise des dépenses constituent des enjeux majeurs pour la RDC, a martelé le numéro un de l'IGF.
Enfin, il a souligné que cette réforme tient à une convergence d'intérêts pour anticiper plutôt que subir. Pour l'IGF, il sera question de connaître les risques, cibler les interventions, intervenir rapidement, suivre les résultats, détecter, comprendre et corriger avant que les problèmes ne deviennent majeurs.
Par contre, pour les administrations, connaître leurs vulnérabilités, réduire les dysfonctionnements, sécuriser les processus et démontrer les résultats, a conclu Christophe Bitasimwa Bahii.
Par ailleurs, à l'ouverture des travaux, au nom de l'Inspecteur général des finances-Chef de service, Emmanuel Tshibingu Senga, Inspecteur général des finances-Chef de service adjoint a expliqué les objectifs de ce séminaire dont renforcer la confiance des responsables des administrations et services publics envers l'IGF. Il a souligné que l'IGF ne viendra plus pour contrôler mais pour accompagner, outiller et sécuriser la gestion.
Plusieurs thématiques ont été abordées par des éminents orateurs notamment la réforme des finances publiques et la performance de la gestion financière publique en RDC : esquisse de bilan et perspectives ; l'e-administration comme levier de performance de la gouvernance publique en RDC : approche comparative ; l'apport de l'administration publique dans la promotion d'une gestion efficace ; la nouvelle gouvernance budgétaire en RDC, avec un accent sur l'importance du contrôle et de l'audit interne dans les administrations et services publics.
Mathy MUSAU