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Assainissement : à Bandal Moulaert, le retour progressif de l'ordre redonne espoir aux Kinois
Un mois après le lancement des opérations de la Task Force d'assainissement de Kinshasa, le quartier Bandal Moulaert connaît un retour progressif à l'ordre. Nettoyage, sensibilisation et libération des emprises publiques rythment désormais le travail des équipes, avec des effets visibles qui commencent à séduire les habitants et usagers.
À Bandal Moulaert, le changement se remarque jusque dans l'atmosphère. « En tout cas, on respire de l'air malgré le fait qu'il n'y a pas d'arbre, mais on respire quand même par rapport à ce qui était avant », témoigne un usager, évoquant notamment la multiplication des constructions anarchiques qui encombraient autrefois l'espace.
Sur le terrain, les agents ne se limitent pas au nettoyage. Leur mission consiste également à sensibiliser la population au respect des normes d'occupation et d'utilisation des espaces publics. Une démarche qui commence à produire des résultats dans plusieurs points du quartier.
L'un des changements les plus visibles concerne le parking de Moulaert. Jadis aménagé comme une véritable aire de stationnement, cet espace public avait progressivement été occupé par des activités commerciales, au détriment de sa vocation première.
Depuis quelques jours, les parkings anarchiques ont été dégagés. L'objectif est désormais de restituer cet espace aux usagers et de contribuer à fluidifier la circulation, notamment sur les axes régulièrement confrontés aux embouteillages.
Cette réorganisation, menée avec l'implication des professionnels du transport en commun, est plutôt bien accueillie. Certains usagers plaident déjà pour la restauration complète de l'ancien parking et une collaboration renforcée entre les services routiers, la police et le secteur des transports.
« Là où il y a des gens, il doit y avoir de l'ordre », résume un autre intervenant, donnant le ton d'une attente largement partagée : voir l'espace public mieux organisé et accessible à tous.
DES ESPACES DE JEU RÉCUPÉRÉS
L'opération d'assainissement ne concerne pas uniquement les voies publiques et les parkings. Les espaces de jeu figurent également parmi les lieux progressivement récupérés.
En cette période de vacances scolaires, ces espaces permettent à nouveau à de nombreux enfants de pratiquer leurs activités sportives. Une avancée appréciée, même si certaines aires restent situées à proximité immédiate des routes, ce qui pose encore la question de la sécurité des jeunes usagers.
Pour les équipes d'assainissement, l'enjeu dépasse toutefois la seule propreté visuelle de la ville.
ASSAINIR POUR RÉDUIRE LES RISQUES SANITAIRES
La lutte contre l'insalubrité est également présentée comme un moyen de réduire les risques sanitaires, notamment ceux liés aux maladies dites des mains sales.
« Si vous ne prenez pas de précautions, vous allez être malade. Mais si vous prenez des précautions, vous allez bien vivre », insiste une habitante, convaincue que l'amélioration de l'environnement doit nécessairement s'accompagner d'un changement des comportements.
Près d'un mois après le début de la mission, les premières transformations observées à Bandal Moulaert nourrissent ainsi un sentiment d'espoir chez plusieurs Kinois. Entre espaces publics progressivement libérés, nettoyage et sensibilisation, l'opération entend démontrer qu'un changement durable est possible.
Le défi reste immense dans une mégapole confrontée à l'insalubrité, aux occupations anarchiques et à la pression démographique. Mais à Bandal Moulaert, une conviction semble désormais gagner du terrain : un Kinshasa propre demeure un pari difficile, mais pas impossible à relever.
Jérémie ASOKO