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L'opposition annonce porter plainte contre Tshisekedi pour " tentative de confiscation du pouvoir par la force "
La scène politique congolaise continue de s'enrichir de nouveaux rebondissements. À chaque jour son lot de déclarations, de contre-attaques et d'initiatives qui alimentent le débat public. Entre stratégie politique, communication et bataille d'opinions, il devient parfois difficile de distinguer le simple buzz des véritables enjeux qui se cachent derrière les prises de position des acteurs politiques.
Réunis hier jeudi 04 juin dans le cadre de C64, les principaux leaders de l'opposition ont procédé à l'évaluation de la journée "ville morte" décrétée le mercredi 03 juin à travers le pays. À l'issue de cette rencontre, les opposants se sont montrés satisfaits de l'impact de leur mot d'ordre, affirmant que l'opération avait largement dépassé les attentes initiales.
Selon eux, la "ville morte" se serait même transformée en un " pays mort", signe, à leurs yeux, d'une adhésion massive de la population à leur démarche de contestation contre la gouvernance actuelle et le changement de la Constitution.
Une lecture qui contraste toutefois avec celle du pouvoir et des plusieurs observateurs qui ont relevé une application variable de cette opération selon les provinces et les villes.
DE LA RUE AUX TRIBUNAUX
Après cette phase d'évaluation, l'opposition semble désormais vouloir déplacer le combat du terrain politique vers le terrain judiciaire. La C64 a, en effet, annoncé son intention de déposer, le 9 juin prochain, une plainte contre le président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi que plusieurs de ses collaborateurs qu'elle accuse de "tentative de confiscation du pouvoir par la force".
Cette annonce marque une nouvelle étape dans l'escalade des tensions entre l'opposition et le régime en place. Les initiateurs de cette démarche estiment disposer d'éléments suffisants pour saisir les instances compétentes afin de faire valoir leurs griefs.
Toutefois, plusieurs observateurs s'interrogent déjà sur la portée réelle d'une telle initiative. En droit congolais, le président de la République bénéficie, durant l'exercice de son mandat, d'un statut particulier assorti de garanties constitutionnelles qui encadrent strictement toute procédure judiciaire à son encontre.
Dès lors, cette démarche apparaît davantage comme un acte politique destiné à maintenir la pression sur le pouvoir qu'une procédure susceptible d'aboutir rapidement à des poursuites effectives contre le chef de l'État.
Quoi qu'il en soit, cette nouvelle offensive judiciaire annoncée par la C64 démontre que la confrontation entre l'opposition et le régime de Félix Tshisekedi est loin de s'essouffler. À quelques années des prochaines échéances électorales, chaque camp semble déterminé à occuper le terrain politique, médiatique et désormais judiciaire pour faire prévaloir sa vision de l'avenir du pays.
César IPOKA