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Les "Wewa" sommés de ne plus transporter enfants, femmes enceintes, passagers en état d'ivresse
L'Assemblée provinciale de Kinshasa (APK) adopte à l'unanimité un édit portant réglementation stricte des taxis-motos, communément appelés "Wewa", malgré sans aucune alternative pour pallier la situation concernant le transport urbain.
Porté par le député provincial Nicolas Wemakoy, ce texte vise à renforcer la sécurité routière, encadrer la profession et mettre fin à certaines pratiques jugées dangereuses dans la capitale.
Parmi les mesures phares de cette nouvelle réglementation, certaines catégories de passagers sont désormais interdites de transport à moto. Il s'agit notamment des femmes enceintes à terme, des enfants de moins de 12 ans non accompagnés ainsi que des personnes en état d'ivresse non assistées. L'objectif affiché est de réduire les risques d'accidents impliquant des personnes vulnérables.
L'édit interdit également l'exercice de l'activité de motocycliste à certains profils. Les militaires, policiers, fonctionnaires, mineurs ainsi que les étrangers ne sont plus autorisés à exercer comme conducteurs de taxis-motos à Kinshasa. Une décision qui vise à professionnaliser davantage ce secteur en pleine expansion.
Pas de conduite en état d'ivresse
Les conducteurs devront désormais se conformer strictement au Code de la route. La conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants est formellement interdite. De même, la vitesse et le nombre de passagers seront rigoureusement réglementés.
Autre exigence majeure : chaque motocycliste devra disposer de deux casques, l'un pour lui-même et l'autre pour son passager. Le port du casque devient obligatoire, tout comme celui d'un gilet d'identification (chasuble), afin de faciliter le contrôle et l'identification des conducteurs.
Les documents désormais indispensables pour exercer légalement. Les conducteurs devront être en possession de plusieurs documents obligatoires, notamment un permis de conduire valide, une assurance, un certificat de contrôle technique ainsi qu'une autorisation officielle de transport.
Des sanctions dissuasives
L'édit prévoit un régime de sanctions particulièrement dissuasif. Les contrevenants s'exposent à des amendes allant de 20 000 à 1 000 000 de francs congolais. Des peines de prison pouvant aller jusqu'à 30 jours sont également envisagées, notamment en cas d'infractions graves ou de récidive. Les sanctions seront d'ailleurs aggravées pour les récidivistes.
Selon les dispositions adoptées, cet édit entrera en application 90 jours après sa promulgation par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Ce délai permettra aux acteurs du secteur de se conformer progressivement aux nouvelles exigences.
Alors que les Kinois confrontés à des embouteillages monstres s'en sortent en moyenne en prenant les taxis moto, l'édit sur l'interdiction sur une certaine catégorie laisse entendre une peine, d'abord pour les élèves moins de 12 ans qui doivent arriver à temps à l'école mais aussi pour les femmes enceintes qui travaillent loin de leurs domiciles.
Si l'Assemblée provinciale de Kinshasa juge salvatrice cette disposition, la population, quant à elle, se voit contraint à faire l'impossible. A tout prendre, prendre un édit c'est une chose, en faire le suivi rigoureux en est une autre.
César IPOKA