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Les arbres détiennent un pouvoir contre les inondations, les érosions…
En mai 2023, de fortes pluies ont frappé les villages de Bushushu, Nyamukubi, Luzira et Chabondo, nichés sur les rives du lac Kivu, en République démocratique du Congo, à la frontière avec le Rwanda. Plus de 440 personnes sont mortes et des milliers ont disparu après que quatre rivières de la région ont débordé, provoquant des inondations et des glissements de terrain, a rapporté Global Press Journal.
Les spécialistes de l’environnement affirment que la déforestation a contribué à cette catastrophe. En effet, les hauts plateaux de Kalehe ont été déboisés pendant des décennies sans que personne ne songe à les reboiser.
« Dès lors, le sol est exposé et vulnérable à l’érosion pendant la saison des pluies. Ce qui provoque des inondations sans précédent?« , affirment les experts. Aussi, pour prévenir une autre catastrophe, le gouvernement local a lancé, depuis juin dernier, une campagne de plantation de 1.000 arbres sur les collines dénudées entourant les quatre villages touchés par les inondations.
Au moins 150 volontaires des communautés locales ont aidé à planter des arbres, principalement des jeunes âgés de 18 à 30 ans, accompagnés d’agronomes. Ils plantent des arbres tels que des Grevillea, des filaos et des podocarpes.
FORETS DE KALEHE, GRANDE RESERVE DE CARBONE
En outre, la préservation des forêts tropicales primaires, comme celles de Kalehe, est essentielle, car elles représentent l’une des plus grandes réserves de carbone de la planète, soutiennent les experts.
Selon les données de Global Forest Watch, une plateforme en ligne qui fournit des données et des outils pour surveiller les forêts, le territoire de Kalehe a perdu entre 2015 et 2022, plus de 420 kilomètres carrés de couverture arborée. Pour les autorités, la croissance démographique a entraîné la déforestation pour la construction de maisons, l’agriculture, la collecte de bois de chauffage et la production de charbon de bois à des fins commerciales.
Sans autres opportunités d’emploi, les habitants ont considéré les forêts comme leur principale source de survie. La réglementation de l’exploitation forestière relève du ministère de l’Environnement et Développement durable.
Les exploitants forestiers artisanaux sont assujettis à une taxe sur la coupe de bois de 1.800 francs congolais par hectare pour les activités non agricoles et de 300 francs par hectare pour les activités agricoles. Quoique l’abattage d’arbres sans autorisation soit illégal, les habitants ont longtemps ignoré la loi.
La RDC, qui abrite d’immenses forêts tropicales, est souvent considérée comme le deuxième poumon de la planète (après l’Amazonie), mais elle compte également parmi les pays les plus touchés par la déforestation.
Fyfy Solange TANGAMU