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Le gouvernement s'attaque aux dérives dans la gestion de la circulation routière
Sous un soleil matinal de début de semaine, les autorités congolaises ont ouvert un important atelier stratégique sur la circulation routière, une question devenue brûlante dans la capitale et à travers le pays. À l'initiative du Vice-Premier Ministre, Ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, cette rencontre de quatre jours vise à renforcer la discipline et l'éthique au sein des forces de l'ordre chargées de réguler la circulation.
Le thème choisi est sans ambiguïté : " Le rôle de l'Inspection Générale dans la mise en œuvre du Code de la route et de la pratique des amendes transactionnelles ". Derrière ce libellé technique se cache une volonté ferme de rompre avec les pratiques mafieuses qui gangrènent la police de circulation.
Dans son adresse devant les responsables de l'ordre public de Kinshasa, Jacquemain Shabani n'a pas mâché ses mots. Dressant un tableau sombre, il a dénoncé des comportements indignes d'une police républicaine : agents en état d'ivresse sur la voie publique, création délibérée d'embouteillages pour rançonner les usagers, confiscation arbitraire de documents officiels, dégradation volontaire de véhicules, brutalités gratuites et perception d'amendes abusives détournées au profit d'intérêts privés.
" Ces actes qui ternissent l'image de la Police nationale congolaise sont motivés par des tontines, des 'ikelemba', les haricots des enfants, Madesu Yabana, et des rapports sordides entre agents véreux et certaines hiérarchies corrompues ", a fustigé le ministre, soulignant qu'une telle situation contredit la politique du gouvernement et menace la vision du chef de l'État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Un appel à une exigence de réforme et de professionnalisme du métier
Jacquemain Shabani a appelé l'Inspection Générale de la PNC à se montrer plus exigeante et proactive dans le contrôle des agents sur terrain. " La circulation sur nos routes n'offre plus de garanties de sécurité ni de sérénité. C'est un constat que nul ne peut contester ", a-t-il martelé, exigeant l'identification et la radiation immédiate de ces policiers véreux.
Le ministre a plaidé pour une police routière exemplaire, disciplinée et respectueuse de l'éthique professionnelle. Il a également souligné la nécessité de bâtir une police spécialisée dans le contrôle et la recherche, capable de faire face aux défis actuels et de restaurer la confiance entre la population et les forces de l'ordre.
Depuis plusieurs années, les abus policiers sur les routes congolaises alimentent débats et indignations. L'atelier lancé le 5 mai se veut une étape décisive pour enclencher des réformes concrètes et adaptées. Car au-delà de la simple répression, c'est toute une culture de corruption et d'impunité qu'il faut éradiquer.
Le gouvernement affirme ainsi sa volonté d'en finir avec le désordre routier et de repositionner la police comme un véritable pilier de l'État de droit et de la bonne gouvernance.
La population attend désormais que ces paroles fortes se traduisent en actes visibles et durables. Car plus qu'une question d'ordre public, il en va de la crédibilité des institutions et de la dignité de la République.
Jérémie ASOKO