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Le CLC fustige la persistance de la CENI à certifier elle-même son fichier électoral
* Pour réclamer l’intégrité du processus électoral, les Laïcs catholiques apportent leur soutien à la marche de l’Opposition de ce samedi.
La désignation, par la Centrale électorale, d’une équipe d’experts nationaux et internationaux, chargés de mener l’audit du fichier électoral, est loin de faire l’unanimité. Réagissant à cette désignation, le Comité laïc de coordination (CLC) fustige la persistance de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à certifier elle-même son fichier électoral. Réaction révélée hier jeudi 18 mai lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa.
«Nous demandons à la CENI de revenir aux principes élémentaires de respect de l’audit», a déclaré, de prime abord, Hervé Diakese, membre du CLC. D’après cet intervenant relayé par nos confrères d’Actuaite.cd, «la CENI fait présentement du forcing : elle est dans une politique de fait accompli et veut s’auto-certifier le fichier, en se créant son propre audit».
Le lundi 15 mai en effet, la Centrale électorale a rendu publics les noms des experts nationaux et internationaux sélectionnés en vue de constituer une mission mixte d’audit externe du fichier électoral. Cette annonce a été faite en ce jour fixé pour le début des travaux relatifs à cet audit externe, conformément au calendrier électoral de la CENI.
Cet audit devrait se terminer incessamment en vue de baliser la voie pour les prochaines opérations, notamment le vote de la loi sur la répartition des sièges et l’ouverture des bureaux de réception et de traitement des candidatures aux législatives nationales, renseignent des spécialistes en matière électorale.
Vivement un cadre de concertation
Pour le CLC, la Centrale électorale est simplement en train de contourner la question de l’audit du fichier électoral par «une désignation de ses propres experts pour s’auto-certifier un fichier fortement contestable».
«Or, le principe est que ce doit être un audit externe, avec des organismes qui sont habilités, rapporte Hervé Diakiese. La preuve, c’est le fait que l’audit de 2018 avait permis de sortir 6 millions de faux électeurs, dont 900.000 mineurs. Et donc, si un audit est mené sérieusement, nous pouvons déjà extirper de faux électeurs».
Au regard de cette démarche jugée biaisée, le CLC appelle la Centrale électorale à mettre en place un cadre de concertation avec toutes les parties prenantes pour la désignation d’une instance internationale crédible pour l’audit du fichier électoral.
Ne plus truquer les résultats du scrutin
Convaincu «qu’aucune personne ne pourra à nouveau truquer les résultats du scrutin», le Comité des laïcs catholiques juge opportun de poursuivre sa campagne de sensibilisation et de réarmement moral de toutes ses structures de base. C’est dans ce contexte que le CLC a récemment tenu une séance de travail avec ses membres à Kinshasa pour baliser la voie à cette campagne.
Expliquant leur vision à travers un tweet posté sur le mur du Comité, les ténors de cette branche des laïcs catholiques révèlent : «Cette campagne a pour objectif de préparer le peuple à prendre ses responsabilités, en prélude de grandes manifestations qui seront organisées, pour faire échec au chaos électoral que l’on veut à nouveau imposer au peuple congolais».
Soutien à la marche de l’Opposition
C’est effectivement dans ce cadre que les porte-étendards du CLC annoncent leur soutien à la marche de l’opposition, prévue pour demain samedi 20 mai. Ils s’allient à cet effet à la thématique relative à l’intégrité du processus électoral et à la situation sécuritaire généralisée.
«Personne, quelle que soit la fonction occupée dans notre pays, ne pourra à nouveau usurper le droit souverain du peuple à désigner ses dirigeants, ni à truquer les résultats», prévient à ce propos le CLC, tout en encourageant le peuple congolais à «ne pas céder au découragement ni à la fatalité», car l’heure «de bannir la peur et de se prendre en charge est arrivée». Yves KALIKAT