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La Fondation « Ultime Espoir » amorce une mobilisation pour briser les barrières de la précarité menstruelle
L'humanité a célébré hier, jeudi 28 mai, la Journée internationale de l'hygiène menstruelle. Une occasion pour la Fondation "Ultime Espoir" de mobiliser l'opinion dans une sensibilisation visant à briser les barrières de la précarité menstruelle. Présidente et fondatrice de cette fondation, Mme Solange Kabengele Mikoso a trouvé le moment propice pour organiser une table ronde à l'hôtel "The Grand Residence" à Kinshasa. Forum des As publie ci-dessous son allocution de circonstances qui relève les drames que vivent nombre de filles et femmes pendant leurs menstrues en République démocratique du Congo.
" ... La menstruation est une réalité biologique universelle qui accompagne près de 30 ans de vie d'une femme. Pourtant, dans notre société, elle demeure entourée de silence, de précarité et parfois même de honte. Nous allons donc nous pencher sur un sujet rarement nommé en public parce que considéré comme tabou dans beaucoup de nos communautés.
La précarité menstruelle brise la dignité, l'éducation et la santé de nos jeunes filles et femmes, par manque d'équipement technique tel que la facilité d'usage de serviettes hygiéniques dont le prix reste encore élevé dans certaines couches sociales, mais aussi le manque de toilettes séparées et d'eau potable pour plusieurs.
Selon l'UNICEF, une grande partie des écoles dans le monde, y compris en RDC, n'a pas d'infrastructures adaptées à l'hygiène menstruelle, à savoir des sanitaires adaptés - c'est-à-dire filles et garçons séparés - le manque d'eau potable, le manque de savon et le manque de serviettes hygiéniques à portée de main.
Les conséquences de ce manque de prise en charge suscitent pour certaines des troubles gynécologiques, psychologiques et psychosomatiques.
Nous ne pouvons pas faire toutes ces choses seuls, cet accompagnement seul. Nous avons besoin des uns des autres, nous avons besoin que plusieurs mains nous tendent la main pour que nous puissions à notre tour tendre la main à ceux qui n'ont pas de moyens.
Aujourd'hui, alors que nous avons le privilège de bénéficier de votre présence, nous allons plaider la cause de cette jeunesse féminine abandonnée à son triste sort pour leur faire bénéficier, grâce à votre générosité et à votre compassion, du nécessaire dont elles ont besoin pour survivre pendant leur période de menstruation.
Pendant la période précédant la table ronde, nous avons eu l'occasion de descendre sur le terrain dans des zones très difficiles : dans des zones de déplacés, dans des zones de défavorisés, et nous avons eu l'occasion de distribuer des kits qui peuvent servir à toutes ces femmes qui sont en manque de serviettes hygiéniques. Nous leur avons distribué des seaux en plastique avec couvercle, dans lesquels nous avons mis des serviettes hygiéniques, des slips, des serviettes et du savon.
Nous leur donnons un seau avec un couvercle de façon à ce que, quand elles vont puiser l'eau très loin de là où elles habitent, qu'elles puissent ramener cette quantité d'eau jusque-là où elles vont l'utiliser. Et à l'issue de leur toilette, elles peuvent le sécher, ranger tout leur attirail qui était lavé et séché au soleil, pour le réutiliser ultérieurement.
La précarité menstruelle n'est donc pas un sujet périphérique. C'est un enjeu central de santé publique, d'éducation et de développement durable. C'est pourquoi cette table ronde est essentielle. Nous la voulons être un point de départ vers une action coordonnée et concrète.
C'est pourquoi nous souhaitons explicitement que soit introduite officiellement à travers le pays une formation complète sur l'éducation à la santé et à l'hygiène menstruelle, et que cela soit fait dès l'école primaire dans toutes nos écoles, afin de briser toutes les stigmatisations et tabous que vivent nos filles dans le milieu scolaire ou d'activités dans les zones défavorisées.
Cela nous permettra de renforcer l'intégration de la problématique de la santé menstruelle dans les politiques publiques, de soutenir les programmes communautaires qui sont déjà engagés - parce qu'il n'y a pas que nous qui le faisons, je me suis rendu compte ici, quand nous sommes arrivés, nous avons eu l'occasion d'échanger avec plusieurs qui se sentent concernés par cette difficulté et qui aident. Mais parce que nous ne vulgarisons pas ce sujet, alors on se sent comme isolés les uns des autres et on ne peut pas porter l'assistance qu'il faut à cette catégorie de personnes.
Pour conclure, je voudrais réaffirmer avec une forte conviction que briser le silence autour des règles, c'est célébrer le potentiel immense de nos jeunes filles et de nos femmes, pour leur permettre de s'éduquer sans interruption, de vivre sans honte et de participer pleinement à la vie sociale, économique et publique. Car une jeune fille qui manque l'école à cause de ses règles, c'est une société qui freine son propre avenir.
Nous ne croiserons pas les bras après cette table ronde. Nous aurons une réunion, une rencontre régulière d'évaluation de la situation avec des groupes stratégiques et nous vous rapporterons le contenu de nos échanges régulièrement, en toute transparence, sur notre site internet et individuellement.
Et nous espérons que cette problématique sera portée à l'Assemblée Nationale comme un plaidoyer de façon à ce que nous puissions bénéficier d'un cadre stratégique pour que nos filles et mères puissent s'épanouir dans leur milieu".
Par Yves Kalikat