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« La baisse des prix des billets d’avion doit faire l’objet d’une étude approfondie », dixit un expert du secteur aérien
« La baisse des prix des billets d’avion ne s’improvise pas. Elle doit faire l’objet d’une étude approfondie d’exploitation, tenant compte des réalités du terrain. Faire fi de cette exigence serait exposer les compagnies desservant le marché congolais à la faillite », pense un expert du secteur.
Marvel Mutamba, secrétaire général de l’Union nationale de l’aviation civile en RDC (UNAC-RDC), précise que la fixation des prix des billets d’avion doit tenir compte, en premier lieu, du coût d’exploitation jugé très onéreux en RDC.
A l’en croire, dans le coût direct qu’implique le coût d’exploitation, il faut prendre en compte l’amortissement, le carburant, le lubrifiant, l’assurance matérielle, le coût de la maintenance, les taxes et redevances.
Par ailleurs, Marvel Mutamba pense que, la mauvaise qualité des infrastructures aéroportuaires en RDC, notamment les pistes, contribuent de manière considérable à l’augmentation du coût d’exploitation.
«Le pays ne dispose pas de centre de maintenance d’avion. Pour des C-chek, il faut sortir du pays avec des frais pour l’équipe. Ce qui ne se fait pas en Ethiopie par exemple. Nous n’avons même pas un Centre de formation avec simulateur pour membres d’équipage pour refresh», a fait remarquer cet expert du secteur de l’aviation.
Un autre paramètre dont il faut absolument tenir compte, a-t-il souligné, est l’indisponibilité en RDC du carburant Jet A1 dont le coût est élevé dans la région d’Afrique centrale.
« Fixer le prix du billet d’avion revient également à étudier le marché et l’offre« , a ajouté le secrétaire de l’UNAC-RDC. Il faut, pour ce faire, tenir compte des éléments tels que le prix du carburant Jet A1, le taux d’occupation, la configuration de l’avion, la vitesse avion, les passagers transportés, le tarif de vente, la marge brute, le coût de revient, la productivité et d’autres charges.
Dit autrement, le coût de base du billet d’avion comprend la charge personnelle, l’achat, l’entretien et le carburant. A ces charges, il faut ajouter les taxes, les redevances et la TVA.
«Le cas d’espèce, en RDC le Passager par Kilomètre Transporté (PKT) est de 0,15 minimum et 0,25 maximum. Il suffit de multiplier la distance entre deux aéroports avec le PKT pour avoir le prix du billet d’avion. C’est ainsi que pour Kinshasa-Goma, le billet est compris entre 260 $ le plancher et 479$ le plafond», a-t-il expliqué.
Il pense que supprimer les taxes et redevances dues à l’Autorité de l’aviation civile (AAC-RDC) serait une erreur grave. Par contre, Marvel Mutamba estime qu’il serait indiqué de supprimer la redevance sûreté et sécurité perçue par la RVA jugeant celle-ci redondante.
Il soutient qu’avec la Covid-19, le gouvernement devrait plutôt penser à la subvention des compagnies comme ce fut le cas au Rwanda, par exemple, en lieu et place de s’empresser à baisser les prix des billets d’avion.
Aussi, appelle-t-il le ministre des Transports et Voies de communication et Désenclavement, à mettre en place un cadre de concertation de l’aviation civile en RDC pour trouver des solutions idoines à tous les problèmes qui rongent ce secteur.
Toutefois, Marvel Mutamba recommande la sécurité aérienne, l’exonération des taxes aux exploitants aériens et la réhabilitation des infrastructures aéroportuaires.
Orly-Darel NGIAMBUKULU