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Kinshasa : Terrasses, boîtes de nuit… à la conquête des «fous du foot»
Kinshasa. Mardi 23 juin 2026. 18h00. Alors que la ville s’apprête à vivre une nuit blanche sous le signe du ballon rond, l’effervescence atteint son paroxysme. Au croisement de l’avenue Colonel Ebeya et de l’avenue des Huileries, l’ambiance est déjà électrique. Ici, comme dans chaque recoin de la capitale, les «fous du foot» sont attendus pour prendre leurs quartiers, transformant terrasses et boîtes de nuit en véritables théâtres de la ferveur nationale.
À cette intersection névralgique, le regard est immédiatement attiré par une enseigne de grande renommée : la terrasse Ngwasuma. C'est ici, en ce point précis de la ville, que bat le cœur de cette attente particulière.
Dans cette buvette du centre-ville, plus de 300 passionnés du ballon rond avaient pris d'assaut cet espace lors du match contre le Portugal, à tel point que les capacités d'accueil avaient été largement dépassées.
Pour le match de ce mercredi 24 juin à 3h00 du matin face à la Colombie, l'incertitude demeure quant à l'affluence du public au regard de l'heure tardive de diffusion, nous souffle le barman.
Si le noyau dur des supporters est attendu, la prudence est de mise : l'horaire nocturne pourrait freiner les ardeurs de ceux qui, lors de la dernière rencontre, avaient pris d'assaut les lieux. Néanmoins, tout a été pensé pour ne rien manquer de l'événement : des écrans plats ont été savamment disséminés sur les murs et un système de sonorisation puissant s'apprête à faire résonner chaque action de jeu.
Une avenue en ébullition
Ngwasuma n'est pas une exception. Tout aux alentours de l'avenue Colonel Ebeya, les terrasses et buvettes se sont métamorphosées en stades en miniature.
Partout, des écrans plats et géants ont été implantés pour capter l’attention des curieux.
Mais surtout d'une clientèle aux "poches élastiques".
De même, des groupes électrogènes ont été prévus pour suppléer à une électricité défaillante en cas de coupure intempestive ou de délestage.
Nombreux sont ceux qui préfèrent ces lieux de vie à leur domicile : pour siroter une bière, partager des grillades en bonne compagnie et, surtout, communier dans une ferveur collective que seul le stade peut égaler.
Parmi les établissements les plus prisés de cette artère, le Premium, le Siège, Poulet chaud, Pokémon... ne désemplissent pas.
La passion, un langage universel
Mais, cette ferveur dépasse les clivages sociaux. Pour les petits commerçants ambulants, ces écrans deviennent des fenêtres ouvertes sur l'exploit, surtout pour ceux qui résident dans des quartiers plongés dans le noir.
Debout, leur marchandise sur la tête, vendeurs de cacahuètes, de manioc, des aphrodisiaques, cireurs de chaussures... et même des enfants de la rue se sont frayé un chemin. Ils restent là, souvent debout sur le bas-côté de la route, fixant les écrans avec la même intensité que les clients attablés.
Pour cette foule hétéroclite, la rue est devenue la tribune d’un peuple qui ne veut rien manquer de l’aventure des Léopards.
Entre espoir et liesse populaire
Si l'attente est nerveuse, elle est surtout teintée d'un optimisme contagieux. Ici, on croit fermement en l'exploit. Le souvenir du match nul héroïque contre le Portugal, l'un des grands favoris du groupe K, est encore dans tous les esprits. Une performance qui prend tout son sens aujourd'hui, alors que ce même Portugal vient de battre à plate couture l'Ouzbékistan sur le score sans appel de 5 à 0 dans le même groupe.
Dans les terrasses, on sait que la bière coule à flots lorsque le résultat est au rendez-vous. La victoire, ou même un résultat positif cette nuit, promet une célébration qui se prolongera jusqu'au petit matin.
Les «fous du foot» sont, eux, prêts : les verres sont levés, les braises ardentes, et Kinshasa s'apprête à ne pas fermer l'œil de la nuit.
Yves Kalikat