Dernière minute
Société
« Soki mbwa nayo, akomi ko gangela yo ce que mutu mususu azo liesa ye ! ». Cette phrase en lingala se traduit en français par : « Si ton chien commence à aboyer sur toi, c'est qu'une autre personne lui donne à manger ! »
Entrons à l'école de la sagesse pour écouter attentivement ce que…
Culture
Forum éco
Sport
Enjeux de l’heure
Il y a quelques jours passés, les constructions anarchiques érigées dans l'espace UPN ont été démolies dans le cadre de l'assainissement et de l'embellissement de la ville de Kinshasa. À cette…
Étranger
Festival du film africain de Cologne (AFFK) place la guérison au cœur de sa 23e édition, prévue du 17 au 27 septembre. À travers le documentaire, la mémoire et les récits de résistance, trois…
Nation
L’Union des journalistes pour la reconnaissance du Génocost en République démocratique du Congo (UJRG-RDC) a effectué, ce vendredi 21 août 2026, une visite au Mémorial du Génocost à Kinshasa, dans…
Kasaï-Central : Bras de fer entre le bureau "déchu" et le bureau d'âge de l'Assemblée provinciale
*18 députés provinciaux votent pour l'existence de l'ancien bureau, 3 membres dudit bureau démissionnent à l'immédiat.
L'Assemblée provinciale du Kasaï-Central est le théâtre d'une vive tension politique et d'accusations de mauvaise gestion, opposant le bureau déchu, dirigé par Daniel Lukusa, au nouveau bureau d'âge. Les incidents survenus hier, lundi, ont conduit à la délocalisation de la plénière et ont mis en lumière les profondes divisions au sein de l'organe délibérant.
Déchus de leurs fonctions le 10 juin pour des griefs de détournement de fonds et de gestion opaque, les anciens membres du bureau, conduits par Daniel Lukusa, ont tenté d'accéder à la salle des plénières du Capitole. Cependant, ils ont été physiquement empêchés par un groupe de députés soutenant le bureau d'âge, notamment par l'intervention de Willy Wishiya, l'un des députés pétitionnaires.
Contestant la légalité de leur déchéance, l'ancien bureau avait convoqué sa propre plénière pour hier lundi 16 juin, avec l'intention "d'examiner les pétitions déposées contre eux-mêmes" - un acte qualifié de "très bizarre" par de nombreux observateurs.
Face à la situation tendue et aux incidents, la séance plénière a finalement été délocalisée en urgence vers la salle de réunions du bâtiment administratif. Au cours de cette séance, dirigée par le rapporteur adjoint, le député Jean Mazala, 18 députés provinciaux (dépassant le quorum requis de 17 sur 32) ont voté pour le maintien de Daniel Lukusa et de tout son bureau au pouvoir, créant une situation de confusion et de légitimité contestée. Paradoxalement, pendant que ce vote avait lieu, trois membres de l'ancien bureau - Papy-Noël Kanku (vice-président), Anaclet Muyaya (rapporteur) et Justin Mangala (questeur) - ont annoncé leur démission de leurs fonctions.
LE BUREAU D'ÂGE CONTRE LES "AGENTS FICTIFS" ET LA "MÉGESTION"
De son côté, le bureau d'âge de l'Assemblée provinciale, dirigé par le député Stéphane Muanda, s'est immédiatement attaqué à une problématique majeure longtemps passée sous silence : la présence d'agents fictifs au sein de l'organe délibérant.
Après la déchéance du bureau de Daniel Lukusa pour mégestion, le nouveau bureau a "constaté que plusieurs personnes touchaient indûment des salaires sans fournir le moindre service au Capitole". De plus, certaines personnes recensées comme agents ne seraient "visibles ni dans les bureaux ni dans les missions de l'Assemblée".
"Nous avons initié un contrôle physique pour assainir la situation. Seuls les agents réellement actifs seront payés", a affirmé le président d'âge Stéphane Muanda lors d'un échange avec le personnel administratif. Il a également dénoncé la volonté de l'ancien bureau de maintenir un réseau de "valets récompensés", accusant cette pratique de "gangréner la gestion publique". Le Président Muanda a promis de poursuivre cette lutte pour "restaurer l'ordre, la discipline et la transparence dans le fonctionnement de la première institution politique de la province".
LE TELEGRAMME MINISTERIEL CONVOQUE LES DEUX CAMPS
Vers le soir, un nouveau rebondissement est intervenu dans la crise politique qui secoue l'Assemblée provinciale du Kasaï Central. Dans un message officiel daté du 16 juin 2025 et signé par le vice-Premier ministre, ministre de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires Coutumières, Shabani Lukoo Bihango J., le gouvernement central somme les autorités locales d'accompagner les membres du bureau d'âge de l'Assemblée provinciale pour une mission urgente à Kinshasa.
Cette convocation intervient dans un contexte de fortes tensions au sein de l'hémicycle provincial, où cinq membres du bureau avaient récemment été déchus dans une atmosphère marquée par des accusations de corruption, d'irrégularités dans la gestion administrative, et d'ingérence politique.
La population du Kasaï Central, qui observe avec inquiétude la fragilité institutionnelle au sommet de son organe législatif, voit dans cette décision un signe fort du gouvernement central face à la crise de légitimité qui mine certaines assemblées provinciales du pays depuis les dernières échéances électorales.
Félix Mulumba Kalemba