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Genocost 2026 : le Grand Kasaï se mobilise pour la mémoire des victimes
Le Grand Kasaï a vécu, dimanche 2 août 2026, une journée de forte mobilisation à l’occasion de la Journée nationale du Génocide congolais pour des gains économiques (GENOCOST). De Mbuji-Mayi à Kabinda, de Tshikapa à Kananga, les autorités provinciales, les responsables religieux, les organisations de jeunesse, les victimes et les populations ont multiplié les cérémonies de recueillement, les appels à l’unité nationale et les plaidoyers en faveur de la reconnaissance internationale des crimes commis contre les populations congolaises.
À Mbuji-Mayi, la commémoration s’est déroulée à la cathédrale Bonzola autour d’une messe de requiem présidée par Monseigneur Emmanuel-Bernard Kasanda. Placée sous le thème « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? », la cérémonie a été marquée par un appel à la solidarité nationale face aux souffrances des populations de l’Est de la RDC.
Le gouverneur intérimaire Jean-Paul Mbwebwa a souligné que les massacres, les violences sexuelles, les déplacements forcés et le pillage des ressources naturelles dans l’Est concernent l’ensemble de la Nation congolaise. Il a affirmé qu’aucune province ne peut rester indifférente aux drames qui frappent d’autres parties du territoire national et a réitéré l’importance de préserver la paix, la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays à travers le renforcement de l’unité nationale.
PÉTITION POUR LA RECONNAISSANCE INTERNATIONALE
Dans la province de la Lomami, les activités commémoratives se sont tenues à la cathédrale Saint-Martin de Kabinda sous la présidence de Monseigneur Félicien Ntambue Kasembe, archevêque métropolitain de Kananga. La cérémonie a réuni les membres du gouvernement provincial, le comité provincial de sécurité et de nombreux fidèles.
À cette occasion, le gouverneur Iron-Van Kalombo Musoko a procédé au lancement officiel d’une pétition réclamant la reconnaissance internationale du génocide congolais. Il a appelé la population à soutenir cette initiative et a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux massacres des civils et à l’exploitation illicite des ressources naturelles dans l’Est de la RDC.
La signature collective de cette pétition par les autorités, les représentants des institutions et les participants a constitué l’un des temps forts de la commémoration à Kabinda.
MÉMOIRE, JUSTICE ET TÉMOIGNAGES DES VICTIMES
À Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, la commémoration s’est tenue devant l’Hôtel de ville à l’initiative des acteurs de l’écosystème du Kasaï. La cérémonie a rassemblé les autorités politico-administratives, les représentants des victimes, les organisations de la société civile et de nombreux habitants.
Les organisateurs ont rappelé que la Journée nationale du Genocost, instituée par la loi du 26 décembre 2022, honore les millions de Congolais morts dans les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles depuis les guerres qui ont ravagé l’Est du pays.
Le coordonnateur régional de l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC), Franck Tshilomba, a insisté sur la nécessité de transformer la douleur des victimes en espérance, résilience et engagement citoyen. Il a plaidé pour la vérité, la justice transitionnelle et le renforcement des mécanismes de réparation, notamment à travers le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV).
La cérémonie s’est poursuivie jusqu’au rond-point 3Z, où des survivants des violences liées au phénomène Kamuina Nsapu ont livré des témoignages émouvants. Des bougies ont été allumées en mémoire des victimes, tandis que le gouverneur intérimaire du Kasaï, Joley Bokelé Joy, a officiellement rebaptisé ce lieu « Rond-point de la Mémoire ».
LA JEUNESSE INTERPELLE LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE
À Kananga, les activités se sont déroulées au rond-point KHRT sous l’impulsion du Conseil provincial de la jeunesse (CPJ) du Kasaï-Central et du Mouvement citoyen. Après un recueillement aux chandelles et une minute de silence, un mémorandum a été adressé au président de la République.
Dans ce document, les organisations de jeunesse demandent le renforcement des actions diplomatiques, judiciaires et humanitaires en faveur des victimes. Elles réclament la reconnaissance internationale du Genocost, la poursuite des auteurs et commanditaires des crimes, la mise en place de mécanismes de réparation pour les survivants et les familles endeuillées, ainsi que la protection de la souveraineté nationale.
Le mémorandum condamne également la persistance des violences dans l’Est du pays et l’exploitation illégale des ressources naturelles, considérées comme l’un des moteurs des conflits. Les signataires réaffirment que les richesses naturelles de la RDC doivent devenir un levier de développement et non une source de souffrance pour les populations.
À travers ces différentes commémorations, le Grand Kasaï a affiché une convergence de messages : devoir de mémoire, solidarité avec les victimes, lutte contre l’impunité, défense de la souveraineté nationale et aspiration à une paix durable.
Messes de requiem, pétitions, mémorandums, témoignages de survivants, allumage de bougies et actes symboliques comme le baptême du « Rond-point de la Mémoire » ont donné à cette journée une dimension à la fois spirituelle, citoyenne et politique.
Au-delà des particularités provinciales, les quatre provinces du Grand Kasaï ont ainsi voulu rappeler que la mémoire des millions de Congolais victimes des violences armées ne concerne pas seulement l’Est du pays, mais engage l’ensemble de la Nation dans une même exigence de vérité, de justice, de réparation et de cohésion nationale.
Félix MULUMBA KALEMBA, correspondant au Grand Kasaï