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Le Centre culturel et artistique d'Afrique centrale a abrité, hier lundi 27 avril, l'ouverture solennelle des États généraux des Postes et Télécommunications, placés sous le thème : "Postes et Télécommunications, vecteur de la croissance économique et du développement". Ces assises stratégiques visent l'élaboration d'une feuille de route nationale 2024-2028, arrimée à la vision présidentielle "RDC Digital Nation 2030".
Dans son adresse, le ministre des Postes et télécommunications, Me José Mpanda Kabangu, a rappelé que ces états généraux constituent l'aboutissement d'un processus méticuleux engagé dès sa nomination, marqué par des consultations préalables des parties prenantes, à savoir les opérateurs du secteur, la société civile, les organisations régionales et internationales, ainsi que divers acteurs clés.
José Mpanda a indiqué que ces travaux interviennent dans un contexte historique, marqué par le rôle déterminant du numérique, des nouvelles technologies de l'information et de la communication, ainsi que des services postaux, qui " ne sont plus de simples outils, mais de véritables leviers de transformation économique et sociale de la RDC".
Il attend de ce forum la concrétisation de la vision du chef de l'État en matière de digitalisation et de connectivité.
Le patron des postes et télécoms exhorte les participants à produire des recommandations concrètes visant à mettre en œuvre la vision présidentielle : diagnostiquer les insuffisances actuelles, proposer des solutions opérationnelles, réalistes et mesurables ; revisiter le cadre légal et réglementaire pour l'adapter aux standards internationaux ; mobiliser l'ensemble des acteurs clés (pouvoirs publics, opérateurs, partenaires techniques, start-up, société civile, universités et experts ) ; et doter les 145 territoires d'une connectivité équitable, gage d'un développement socio-économique durable.
Dans son mot d'ouverture, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a donné la mesure des enjeux et tracé les contours d'une réforme profonde d'un secteur qu'il juge désormais central dans la trajectoire de développement du pays.
D'entrée de jeu, le Chef de l'État a situé ces travaux dans une perspective historique et transformatrice.
"C'est avec une vision résolument tournée vers l'avenir que je procède ce jour à l'ouverture des états généraux des postes de télécommunications", a-t-il déclaré, soulignant que ces assises constituent "un moment important" traduisant la volonté de l'État de faire de ce secteur un levier de transformation économique, d'intégration territoriale et de souveraineté nationale.
Il a insisté sur le caractère inédit de cette initiative : "Il s'agit des premiers états généraux du secteur en République démocratique du Congo, appelés à déboucher sur des réformes et une relance structurelle réelle et sans complaisance".
Dans un monde en mutation accélérée, marqué par la révolution numérique, Félix Tshisekedi a rappelé l'urgence pour la RDC de s'arrimer aux dynamiques globales.
"Le monde change à une vitesse inédite", a-t-il affirmé, avant de souligner que la révolution numérique "redessine les économies, transforme les administrations, bouleverse les modèles d'affaires et reconfigure les rapports de puissance entre les nations".
Dans ce contexte, il a estimé qu'aucun État ne peut prétendre à la croissance ou à la souveraineté en marge des flux numériques et informationnels mondiaux. D'où la nécessité d'ériger le numérique, les télécommunications et la modernisation postale en "levier stratégique du développement national".
UN DIAGNOSTIC AUTOUR DE QUATRE AXES MAJEURS
Le Président a structuré son diagnostic autour de quatre axes majeurs. D'abord, la connectivité territoriale, qu'il a qualifiée d'exigence de cohésion nationale.
"Une grande partie de nos 145 territoires reste encore peu ou mal desservie", a-t-il déploré, évoquant la faiblesse du réseau de fibre optique et la dépendance excessive à l'Internet mobile.
Ensuite, l'enjeu économique : "Les télécommunications soutiennent aujourd'hui la finance mobile, le commerce, les services, l'innovation, l'entrepreneuriat et l'inclusion", a-t-il rappelé, insistant sur les opportunités offertes aux jeunes, aux femmes et aux PME.
Il a également mis en avant la gouvernance publique, estimant que sans infrastructures numériques solides, la modernisation de l'administration resterait limitée.
Enfin, il a insisté sur la souveraineté et la sécurité : "Aucun État sérieux ne peut négliger l'architecture de ses communications, la maîtrise de ses réseaux et la sécurisation de ses infrastructures critiques", a-t-il averti.
TSHISEKEDI DEPLORE L'APPLICATION PARTIELLE DU CADRE LEGAL
Félix Tshisekedi a salué l'évolution du cadre légal, notamment la loi n°20-017 de 2020 et le Code du numérique, tout en déplorant leur application partielle.
"Dans un État de droit, les réformes perdent leur portée lorsqu'elles ne se traduisent pas dans les faits", a-t-il martelé, appelant à une mise en œuvre stricte des dispositions existantes.
Il a particulièrement insisté sur l'article 40 de la loi de 2020, relatif à la participation des travailleurs et des entreprises au capital des sociétés du secteur, qu'il souhaite voir pleinement appliqué pour renforcer l'équité et la souveraineté économique.
Le Chef de l'État a également remis la Poste au centre du débat, dénonçant sa marginalisation progressive. "La Poste ne doit pas être laissée au bord du chemin. Elle ne doit pas être regardée comme un vestige du passé", a-t-il déclaré avec fermeté.
Selon lui, elle doit être repensée comme un outil moderne d'intégration territoriale, de proximité administrative, de logistique et de services financiers.
TROIS LIVRABLES ET SIX PRIORITÉS MAJEURES
Félix Tshisekedi a fixé trois livrables essentiels à ces assises : un diagnostic sans complaisance, une feuille de route opérationnelle réaliste et un cadre permanent de concertation et de suivi des réformes.
Il a également identifié six priorités majeures, parmi lesquelles l'extension des infrastructures numériques, la modernisation du cadre légal et fiscal, l'amélioration de la qualité des services, l'inclusion numérique, la formation du capital humain et la souveraineté technologique.
Appelant à une mobilisation collective, le Président a souligné que cette transformation ne peut être portée par l'État seul. "Toutes ces réformes ne seront possibles ni par l'État seul, ni contre les acteurs du secteur", a-t-il insisté, appelant à une synergie entre pouvoirs publics, secteur privé, partenaires techniques, universités et société civile.
S'adressant à la jeunesse et à la diaspora, il a lancé un appel appuyé: "La République a besoin de votre énergie, de votre intelligence et de votre engagement pour réussir sa transformation".
En clôturant son allocution, Félix Tshisekedi a résumé l'ambition de ces États généraux en une perspective de rupture : moderniser les postes et télécommunications, ce n'est pas seulement réformer un secteur, mais "préparer la croissance, élargir les opportunités, renforcer la souveraineté et intégrer pleinement la nation dans son siècle".
Sur cette conviction, le Chef de l'État a déclaré ouverts les États généraux des Postes et Télécommunications, marquant ainsi le lancement d'un chantier stratégique au cœur de l'avenir numérique de la République démocratique du Congo.
DK