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Elections 2023 : Exit la » congolité «
On attendait que la réforme de la loi électorale de la CENI en ses dispositions relatives aux conditions d’éligibilité de certains citoyens à la présidence de la République intègre la polémique ambiante sur nationalité. Que non. Tel que stipulé, le débat conflictogène sur la » congolité » semble enterré…
On savait que les discussions sur la congolité (une proposition de loi visant à limiter les postes à responsabilité aux seuls candidats nés de parents congolais) avaient un soubassement politique pour exclure certains candidats.
Déjà déposée à l’Assemblée nationale en juillet 2021 mais rapidement écartée, cette proposition de loi devrait être examinée lors de la session en cours à l’Assemblée nationale, qui s’est achevée le 15 juin courant.
Des Congolais saluent le fait que les pesanteurs de la loi Tshiani ne figurent pas dans les conditions d’éligibilité publiées hier mercredi 21 juin par la Centrale électorale. La loi électorale dit en son article 9, au point 1, » Etre de nationalité congolaise « . Simplement. Exit l’aspect congolité.
Déjà qu’à l’Assemblée nationale, la loi Tshiani était retoquée. Nombre de Congolais s’en félicitent. Car cette loi était susceptible de porter atteinte à la cohésion nationale en ce sens qu’elle allait ostraciser certains Congolais sur base de leur faciès, ce qui constitue une violation à la Constitution.
Il appartient donc au peuple congolais de se prononcer sur les différents candidats en lice, et non en éliminer sur base de leur faciès.
Un mal pour l’unité du pays
Cette proposition de loi est portée par Noël Tshiani, ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2018 et actuel président du parti Force du changement. Elle n’est pas sans rappeler celle sur « l’ivoirité » : formalisée par le président Henri Konan Bédié (1993-1999), elle avait pour but d’écarter de la course présidentielle tout opposant dont les quatre grands-parents n’étaient pas nés en Côte d’Ivoire.
Et donc l’exigence d’une « congolité » pour toute candidature aux fonctions de président, de Premier ministre ou encore de président d’une des deux chambres parlementaires, constitue une absurdité au regard de la composition même de la société congolaise. Les structures de cette dernière « indiquent que cette loi n’a pas lieu d’être et remet en cause l’unité nationale ». La très influente conférence épiscopale, par la voix de son secrétaire général Mgr Donatien Nshole, avait également dénoncé une « loi dangereuse », qui « menace la paix sociale ».
Dans plusieurs villes du pays, des manifestations contre cette loi ont été organisées par des partis politiques et des organisations de la société civile.
Si cette loi était adoptée, le leader d’Ensemble pour la République par exemple, candidat déclaré à la présidentielle prévue en décembre, serait exclu de la course, puisque son père était italien.
Lire ci-dessous, les conditions d’éligibilité et des cas d’inéligibilité aux différents scrutins. Didier KEBONGO

