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Ebola en RDC : deux jeunes médecins succombent en moins de 48 heures, la riposte sanitaire sous pression
La maladie à virus Ebola continue de frapper durement les professionnels de santé dans l’est de la République démocratique du Congo. Deux jeunes médecins congolais ont perdu la vie en l’espace de 48 heures, les 28 et 29 octobre 2026, respectivement à Beni, au Nord-Kivu, et à Lwemba, en Ituri. Ces nouveaux décès mettent en lumière les risques auxquels sont exposés les agents sanitaires en première ligne, dans un contexte de riposte encore confrontée à des insuffisances matérielles.
La première victime, la docteure Marie-France Shogogo, diplômée de la faculté de médecine de l’Université de Goma depuis trois ans, est décédée mercredi 28 octobre au Centre de traitement Ebola (CTE) de Beni. Le lendemain, jeudi 29 octobre, le docteur Safari Samuel a également succombé à la maladie à Lwemba, en Ituri, où il exerçait dans une structure sanitaire. Diplômé depuis seulement deux ans, ce jeune médecin aurait contracté le virus dans le cadre de ses activités professionnelles.
La situation dans l'établissement où travaillait le docteur Safari Samuel suscite également des inquiétudes. Selon plusieurs sources locales, une quinzaine d'autres personnes y seraient malades, sans bénéficier, à ce stade, d'une prise en charge appropriée.
Une disparition qui relance la question de la protection du personnel médecal
La disparition de ces deux jeunes professionnels de santé relance la question de la protection du personnel médical engagé dans la lutte contre Ebola. Sur son compte X, Jean Kaseya, directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), a rendu hommage à la docteure Marie-France Shogogo, qu'il avait rencontrée lors de son passage à Beni.
Déplorant la perte d'une professionnelle qui avait consacré sa vie à sauver celle des autres, il a insisté sur la nécessité de mieux protéger les agents sanitaires mobilisés en première ligne.
Cette préoccupation est d'autant plus pressante que, ces derniers jours, un médecin avait alerté sur l'insuffisance du matériel disponible pour permettre aux équipes médicales de conduire efficacement la riposte dans cette partie du pays. Une situation qui expose davantage les soignants, pourtant indispensables à l'endiguement de l'épidémie.
214 millions de USD mobilisés pour l'assistance alimentaire
Au-delà de la pression sur le système sanitaire, Ebola accentue également la vulnérabilité des communautés affectées. Face à cette urgence, 214 millions de dollars américains ont été mobilisés pour financer, durant les six prochains mois, l'assistance alimentaire vitale dans l'est de la RDC.
Dans un communiqué, le Programme alimentaire mondial (PAM) souligne que les familles touchées par l'épidémie éprouvent des difficultés croissantes à se procurer de la nourriture. Cette enveloppe doit également soutenir les services logistiques et de télécommunications, les opérations aériennes du Service aérien humanitaire des Nations unies ainsi que la construction des centres de traitement Ebola.
Ces décès successifs rappellent le lourd tribut payé
Ces nouvelles disparitions ravivent également le souvenir du docteur Charles Mbusa Munyumu, neurochirurgien à l'hôpital secondaire de Matanda, décédé le 10 août 2026 des suites d'Ebola au Centre de traitement de Katwa.
Reconnu dans le milieu médical de Butembo, au Nord-Kivu, il était le seul neurochirurgien exerçant dans cette ville. Il était spécialisé dans les interventions cérébrales et la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux (AVC). Sa disparition avait constitué une perte importante pour l'offre locale de soins spécialisés.
De Lwemba à Beni, en passant par Butembo, ces décès successifs rappellent le lourd tribut que les professionnels de santé paient dans la lutte contre Ebola. Au-delà des dispositifs de riposte, la protection des soignants, leur équipement et l'accès rapide aux soins demeurent des conditions essentielles pour combattre efficacement cette épidémie.
Jérémie ASOKO