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DOSSIER CONCESSION DE L'UNIVERSITÉ DE KANANGA O'Neige Nsele recadre le gouverneur Kambulu en ordonnant la restitution des 8 hectares cédés à la CNSS
Le Gouvernement central est officiellement monté au créneau dans le dossier controversé de la concession de l'Université de Kananga (Unikan). Dans deux correspondances signées le 19 mai dernier, la ministre nationale des Affaires foncières, O'Neige Nsele Mimpa, a dénoncé la cession jugée irrégulière de 8 hectares de terrain appartenant à l'université au profit de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), tout en rappelant à l'ordre les autorités provinciales impliquées dans cette affaire.
Selon les documents officiels, la ministre considère que l'acte de cession signé le 4 mai 2026 viole plusieurs dispositions légales encadrant la gestion et la mutation des biens fonciers en République démocratique du Congo. Elle estime notamment que la procédure suivie ne respecte pas les normes prévues par la législation foncière en vigueur.
Au cœur des critiques formulées par la ministre figurent également le rôle joué par le gouverneur du Kasaï-Central, Joseph-Moïse Kambulu.
RESTITUTION DES 8 HECTARES A L'UNIKAN
Dans ses correspondances, O'Neige Nsele reproche au chef de l'exécutif provincial une intervention dans une opération foncière concernant deux entités autonomes, jugeant que son implication dans cette cession ne s'inscrivait pas dans le cadre légal établi.
Pour le ministère des Affaires foncières, l'acte ayant conduit à la cession des 8 hectares est considéré comme illégal, ouvrant ainsi la voie à une remise en cause de l'ensemble du processus engagé.
Face à cette situation, la ministre a annoncé avoir instruit ses services compétents afin de rétablir la concession de l'Unikan dans sa configuration initiale, avant la cession contestée. Cette décision implique concrètement la restitution des 8 hectares à l'Université de Kananga, considérée comme détentrice légitime de cet espace.
Au-delà de la question de la restitution du terrain, le ministère des Affaires foncières a également demandé des mesures conservatoires contre certains agents fonciers impliqués dans le dossier. Leur suspension a été recommandée en attendant des enquêtes approfondies destinées à déterminer les responsabilités administratives éventuelles dans cette affaire.
L'intervention du gouvernement central marque un tournant important dans un dossier qui suscite, depuis plusieurs semaines, des réactions au sein de la communauté universitaire, de l'opinion publique ainsi que des acteurs politiques du Kasaï-Central.
Plusieurs voix s'étaient élevées pour exprimer des inquiétudes quant aux conséquences d'une réduction du patrimoine foncier de l'Unikan, alors que les universités font face à des besoins croissants d'extension des infrastructures académiques.
L'enjeu dépasse désormais la simple question de propriété foncière.
Cette affaire relance également le débat sur la gestion du patrimoine public, le respect des procédures administratives et les limites des compétences des autorités provinciales en matière foncière.
Alors que l'administration foncière nationale s'apprête à approfondir les investigations, l'évolution du dossier sera suivie de près tant par les autorités que par les communautés universitaire et locale, dans l'attente des décisions définitives susceptibles d'être prises sur cette concession.
Félix MULUMBA Kalemba